Ecrire un roman – Créer un personnage principal en 7 étapes

Le personnage principal est celui que le lecteur va le plus côtoyer... Voici une méthode en 7 étapes pour être sûr de ne pas le rater !
Mathieu Begot
Mathieu Begot
Salut, moi c’est Mathieu ! Je suis passionné par les genres de l’imaginaire, la culture japonaise, mon chien et les commentaires que vous laissez sous mes articles ! En lire plus

Ecrire un roman – Créer un personnage principal en 7 étapes

Le personnage principal est celui que le lecteur va le plus côtoyer... Voici une méthode en 7 étapes pour être sûr de ne pas le rater !

Ecrire un roman – Créer un personnage principal en 7 étapes

Le personnage principal est celui que le lecteur va le plus côtoyer... Voici une méthode en 7 étapes pour être sûr de ne pas le rater !
Plan de création d'un personnage principal

Bonjour à tous, et bienvenue dans ce troisième article sur l’écriture d’un roman avec comme objectif aujourd’hui… La création d’un personnage principal en 7 étapes !
Alors bon, je vous propose de parler brièvement de cette famille de personnage avant de nous attaque à la méthode en elle-même.

Pourquoi façonner a minima son personnage principal ?

Vous entendrez souvent que le cœur d’un récit réside dans les personnages, et je suis foncièrement d’accord avec cet état de fait. Néanmoins, penser qu’il n’existe pas de hiérarchie entre ces différents personnages est plutôt mal avisé.
Pourquoi ? Parce qu’on ne va accorder ni le même temps de création ni le même temps d’audience à tous les personnages du récit.
Votre personnage principal, qui s’appelle notamment ainsi parce qu’il est celui qui va résoudre l’intrigue, est traditionnellement celui qui aura le plus gros temps d’audience. C’est autour de lui que se construisent les péripéties (et ce quelle en soit la structure) de sorte qu’il puisse finalement affronter le seigneur des ténèbres/ machines/ bêtes/ nécromanciens, etc.
C’est principalement au nom de cet énorme temps d’audience (et de toutes les rencontres, épreuves, échecs, etc.) qu’il est nécessaire de travailler un minimum son personnage principal en amont du roman, pour avoir une ébauche plus ou moins précise (selon votre profil d’écrivain) de ce qu’il est au départ, de ce qu’il doit devenir pour résoudre l’intrigue et, surtout, de comment l’amener du premier au second état.

Deux prérequis à l’utilisation de ma méthode.

Calmons-nous, ça n’est rien de très méchant, mais simplement d’avoir une vague idée des deux autres aspects du récit que l’on choisit et/ou construit en même temps que le personnage !

 

Premier prérequis : le genre. Il faut que vous connaissiez le genre dans lequel vous allez déployer votre récit (du moins que vous en ayez une vague idée qui pourra être précisée plus tard).
Pourquoi ? Parce que si vous êtes dans du bon vieux cyberpunk bien amer, eh bien il y a de grandes chances que le passé de votre personnage n’ait rien à voir avec celui d’un personnage issu d’une romance des années ’60.

 

Deuxième prérequis : une base d’intrigue. Et par, base d’intrigue, j’entends qu’il faut que vous sachiez plus ou moins vers où va l’intrigue de votre roman ! Complot intergalactique et assassinat du PDG d’une mégacorporation ? Acceptation de soi et accession à l’amour ? Lancement dans la vie d’adulte et importance de l’amitié ?
Bref. Il vous faut les grands axes qui vont TRÈS grossièrement déterminer le sens dans lequel ira votre roman et tracer une vague ligne d’arrivée.

Pour cet article je construirais mon exemple en me basant sur un roman de fantasy avec pour base d’intrigue un groupe en constante recherche d’un espace où se sédentariser et pour ligne d’arrivée la réalisation qu’ils ne doivent surtout pas.
Prêts ? C’est parti.

— ÉTAPE 1 : Nom, âge, physique, goûts.

La première étape réside dans des choix qui vont définir le personnage dans l’esprit du lecteur. Il s’agit ici de définir son nom, son âge (ou sa tranche d’âge), d’avoir de grands traits quant à son physique (ainsi que sa race, si cela est pertinent) et ses goûts.
Ces informations sont à voir comme une carte d’identité : ils sont fondamentalement nécessaires pour visualiser le personnage, loin d’être suffisants pour le comprendre ou même se faire une idée de lui. Et c’est absolument normal : ce sont des informations qui sont, le plus souvent, très interchangeables (on s’en fout qu’il s’appelle Pierre, Paul ou Jacques, qu’elle aime la viande, les légumes ou les fruits secs) … Mais qu’il faut quand même poser.

Mon exemple : Imaginons Bertha, une barbare de la tribu des Vlorgh. Bertha est une petite femme, disons pas plus de 1m60, rondouillette, les cheveux courts et grisonnants, l’âge incertain. Elle est aveugle de naissance.
Concernant ses goûts, les seules choses réellement notables sont une aversion absolue pour toute nourriture trop épicée ou amère, un amour un peu trop prononcé pour la liqueur de pomme et un gène extrême lorsque les conversations parlent de désir charnel et, surtout, de sa mise en œuvre.

— ÉTAPE 2 : Rôle ou mission (+ raison).

Tout personnage principal (les secondaires aussi, mais c’est une autre question) a une mission, un quelque chose qu’il doit faire, atteindre, comprendre, affronter pour, finalement, vaincre l’intrigue.
Ce rôle (si c’est un état) ou cette mission (si c’est une action) est directement en lien avec la base d’intrigue nécessaire pour l’utilisation de cette méthode : où et comment sera-t-il ?
La réponse à cette étape est généralement très simple et se résume en une phrase : tuer l’empereur, trouver l’amour, réaliser la nécessité de l’entourage, etc.

Mon exemple : Bertha va devoir empêcher les Vlorgh de se sédentariser.

Quant à la raison de ce rôle ou de cette mission, il ne s’agit pas tant de pourquoi ce personnage très précisément doit réussir ou remplir cette mission, mais pourquoi ce doit être fait ! Ce point ne s’applique donc pas à de très nombreux récits !

Mon exemple : La tribu Vlorgh (tribu barbare vivant du pillage depuis des siècles) a un rôle de régulation sur le territoire où elle se déplace. C’est elle qui, finalement, empêche tous les problèmes possibles et imaginables liés à la surpopulation. Partant de là, si elle se sédentarise, les risques seront très élevés (comme c’était déjà le cas avant que les Vlorgh ne deviennent nomades, *wink wink*).

— ÉTAPE 3 : Compétences, connaissances, expériences nécessaires.

Maintenant que l’on a le rôle ou la mission du personnage principal, il est l’heure d’aller à la pêche aux compétences ou, plus précisément, de déterminer tous ce qu’il lui sera nécessaire pour réussir cette entreprise. Le mieux, à mon sens, est de travailler avec une liste la plus exhaustive possible !
Trois catégories sont généralement nécessaires ici : les compétences (ce que le personnage peut faire), les connaissances (ce que le personnage connaît) et les expériences (ce que le personnage a vécu).

Partant de là, deux méthodes sont possibles. Soit vous fait une liste « compétence », une « connaissance » et une « expérience » (spoiler alerte : ça ne fonctionne pas), soit vous faites des groupes thématiques (vous comprendrez dans l’exemple).

Mon exemple : Bertha doit empêcher son clan barbare de sédentariser. Trois choses sont nécessaires à cette mission.

1. Bertha doit découvrir pourquoi clan ne doit pas se sédentariser.
2. Bertha doit accepter que son clan ne doive pas se sédentariser.
3. Bertha doit acquérir une influence suffisante pour remplir sa mission.

Je vais maintenant subdiviser ces trois « groupes » en un ensemble de compétences/ connaissances/ expériences.

1. Bertha doit découvrir …
    a. Bertha a besoin de savoir que son clan n’a pas toujours été nomade (contrairement à ce que disent les légendes).
    b. Bertha a besoin de savoir pourquoi son clan est devenu nomade (choix visiblement contre-productif par rapport à leur désir actuel).
    c. Bertha a besoin de comprendre, donc, que si son clan n’est plus nomade, d’anciens problèmes réapparaîtront sur le continent.

 

2. Bertha doit accepter …
    a. Bertha a besoin de mettre le bien être des autres peuples au même niveau de celui de son clan (pas d’ascendant des uns sur les autres donc).
    b. Bertha a besoin d’être en accord avec le fait que sa mission va à l’encontre des désirs du clan (et donc qu’elle va être lynchée par les siens).

 

3. Bertha doit acquérir …
    a. Bertha doit convaincre des gens de son clan du bien-fondé des informations qu’elle détient.
    b. Bertha doit obtenir un moyen d’asseoir la domination de sa pensée sur le clan pour que le clan reste nomade.
    c. Bertha doit accepter d’être le visage de ce mouvement.

— ÉTAPE 4 : Ôter certains aspects.

Maintenant que nous avons une liste plus ou moins complexe de compétences, connaissances et expériences possédées par le personnage, il est temps d’en ôter certaines. L’objectif d’un récit est en effet de faire évoluer le personnage principal (notamment par le biais des péripéties) pour qu’il acquière les compétences qu’il n’a pas encore (et par extension qu’il ne résout pas l’intrigue dès son apparition).

Mon exemple : Je vais, d’office, enlever tout le 1. à Bertha, qui ne peut définitivement pas savoir pourquoi son clan ne doit pas s’arrêter. Je vais également ôter le 3b et le 3c : le handicap de Bertha l’a toujours tenue éloignée de la majorité de son clan. Après tout, une barbare aveugle qui ne se bat pas… Eh bien, ça laisse entendre un peu d’autarcie tout de même. On enlève également le 2b : Bertha étant très dépendante et reconnaissante du reste du clan, je l’imagine mal s’y opposer sans un petit coup de pouce !

— ÉTAPE 5 : Trouver des raisons à la possession des autres.

Bien, nous savons ce que notre personnage ne sait ou ne peut pas encore faire… Mais il y a tout de même des choses dans notre liste qu’il peut faire ou qu’il peut savoir ! Eh bien il faut leur trouver une logique à ça, que ce soit dans un trait de caractère, son statut social, etc.
Notons que c’est l’un des moments où vous allez le plus « construire » votre personnage, car un même point pourrait avoir plusieurs justifications. N’hésitez donc pas à prendre votre temps pour tester plusieurs combinaisons de justifications !
Un autre point à noter (qui s’appliquera à mon exemple) : il arrive parfois que le personnage possède indirectement un talent, une connaissance ou un état d’esprit nécessaires à l’accomplissement de sa mission. Cela dépendra des cas, mais on peut généralement partir du postulat qu’il la possède déjà.

Mon exemple : Si l’on regarde ce que Bertha ne possède pas, il lui reste les 2a & 3b. Voyons, point par point, les justifications trouvables.

 

  2a. Bien des autres clans pas inférieurs au bien du clan Vlorgh.
Deux points me semblent fondamentaux pour que ce point soit valide. Il faut tout d’abord que Bertha ait une conscience exacerbée du concept d’interdépendance. Ce premier point me semble plausible directement par le handicap de Bertha qui – aveugle rappelons-le – n’a jamais pu être une combattante dans un clan barbare nomade.
Alors bon, ça ne veut pas dire que tout a été rose, mais qu’elle sait que ce sont les autres qui l’ont nourrie et protégée depuis sa naissance. Elle sait donc combien les hommes sont dépendants les uns des autres, ce qui ne devrait simplifier d’accepter ce même concept à un niveau plus large, celui des clans.
Le deuxième point serait une sorte de fascination pour les histoires racontées à propos des autres clans ! Ce point, sans pour autant tout justifier, pourra venir renforcer le précédent dans cette idée d’absence de hiérarchie entre les besoins des clans.
Ajoutons finalement une réelle empathie développée puisqu’elle ne comprend ni pratique le langage des armes (c.-à-d. se battre à la première contrariété), et le terreau me semble parfait.

   

3a. Pouvoir convaincre des gens.
Nouveau point, un peu plus compliqué que le précédent. Quelles sont nos options ?
– Bertha est la fille du chef… Mais bon, l’enfant handicapée du chef initialement déshéritée, mais qui opère d’un tour de force pour reprendre la place qui lui revient de droit… Bah, flemme en fait.
– Bertha est amie avec la fille, le fils ou la nièce (un enfant très proche) du chef. On ne parle pas forcément des meilleurs amis du monde, simplement de relation proche. Ça, je vais prendre. Ça lui donnera, dans une certaine mesure, un lien avec les sphères d’influence du clan.
– Il y a forcément d’autres non-combattants : le clan Vlorgh est un clan barbare, mais ce n’est pas Sparte pour autant ; d’autant que Bertha a certainement dû se rendre utile, d’une manière ou d’une autre, depuis qu’elle le peut (pour qu’on ne la laisse pas sur le bord de la route). Partant de là, elle doit connaître du monde qui l’écoute, notamment du fait de l’empathie dont nous parlions plus tôt.

— ÉTAPE 6 : Penser l’histoire du personnage en fonction de ce qui a été fait jusqu’à présent.

Bien ! Maintenant que nous en sommes arrivés là, il va être question de réfléchir à l’histoire de notre personnage, ce qu’il a vécu, ce qu’il regrette, etc. Le but n’est pas de s’enfoncer dans une rédaction de 8 pages sur la question, mais d’avoir une idée plus ou moins détaillée (selon votre profil) de ce qu’il a vécu.
Cela vous permettra, évidemment, d’avoir une meilleure idée de son histoire, mais aussi de mieux appréhender votre personnage, son caractère et sa manière d’être !

Mon exemple : Bertha, une barbare du clan Vlorgh, est née aveugle. Son handicap n’est réellement devenu un problème qu’aux alentours de ses dix ans. Jusqu’à cette période-là – où les enfants commencent à apprendre à se battre – elle a été élevée comme presque tous les enfants de son âge.
C’est à cette période qu’elle a développé une amitié profonde avec Germain, le neveu du chef.
C’est à ses dix ans que le clivage a commencé, lorsque les autres ont commencé les entraînements, la vie en groupe, presque meute, etc. Germain et elle sont restés amis, mais avec une moins grande complicité qu’auparavant. Elle s’est énormément réfugiée dans les histoires des grandes batailles et celles des autres clans lors de cette période, notamment pour affronter la solitude.
Les années ont passé et Bertha a su s’imposer dans un maximum de tâches quotidiennes, de sorte à ne pas se sentir trop redevable envers le reste du clan. Elle a donc fait de son mieux pour ménager un espace pour elle dans ce clan barbare nomade, mais sans jamais être pleinement considérée comme l’une des leurs. 

Elle a énormément noyé ses problèmes personnels dans la liqueur de pomme et  a toujours espéré régler ses problèmes de confiance en elle dedans (en vain).

— ÉTAPE 7 : Imaginer les épreuves et aides nécessaires à son développement en fonction de ce qu’il n’a pas.

Voici la dernière étape, qui elle est plus dans la projection, que dans la création effective. Il va désormais s’agir d’établir une liste de péripéties, d’épreuves, mais également de soutiens ou alliés qui pourront aider notre personnage principal à acquérir tous les points dont on a décidé que notre personnage ne possédait pas lors de l’étape 4.
Il ne s’agit pas nécessairement d’écrire toute l’intrigue du roman ou même de déterminer dans quel ordre surviendront ces péripéties ou épreuves, simplement d’en avoir l’idée (pour, ensuite faciliter l’écriture de l’intrigue entière) !

Mon exemple : Pour le 1., il faut que Bertha l’apprenne en dehors du clan (vu que les légendes du clan disent qu’ils ont toujours été nomades). Et, à mon avis, il pourrait être très intéressant d’isoler Bertha de son clan pendant un ou deux ans. L’idée serait que lors d’une bataille ayant mal tourné, elle et les non-combattants fuient, mais qu’elle se retrouve seule et se blesse.
Elle serait alors recueillie par un couple de personnes âgées qui s’occuperaient d’elle parce qu’elle ressemble à la fille qu’ils ont perdue (ce qui pourrait nous permettre d’avoir une description très subjective de notre chère Bertha) ! Ils lui apprendraient dès lors à lire approximativement des gravures (ce point signifie que le clan Vlorgh est analphabète, ce qui ne me dérange pas outre mesure).
Son clan repasserait un ou deux ans plus tard et elle les rejoindrait. Elle découvrirait alors, en « lisant » les gravures ornées sur les armes, les coffres, les armures, etc. que les croyances du clan sont erronées et que, parce qu’ils ont perdu la lecture, ils ont reconstruit l’histoire (le twist : les Vlorgh étaient eux aussi un clan sédentaire il y a un demi-millénaire, l’extrême surpopulation faisait pourrir le pays et les peuples. Du fait de leur grande force, ils se sont portés volontaires pour devenir un clan nomade qui irait de territoire en territoire pour affronter ceux installés… et donc réguler la population).

 

Les 2b, 3b et 3c, eux seraient des successions d’épreuves, dans lesquelles Bertha essaierait de convaincre des gens, à succès ou non. Elle essaiera probablement de se servir de Germain – qui a confiance en elle – mais sans succès, puisque lui ne connaît pas la finesse des textes et la grandeur du danger.
Il s’agirait donc de forcer Bertha à se confronter non seulement au clan, mais aussi à elle-même. Elle qui s’est toujours débrouillée pour être acceptée sans passer par la confrontation n’aura dès lors plus d’autre choix que de mener bataille et de prouver qu’elle a confiance en ses propres dires, et donc en elle-même.

Pour conclure ?

Et voilà, si vous avez suivi ma méthode, vous devriez avoir une base solide pour votre personnage principal !
Alors bon, des méthodes, il en existe des milliers, mais j’ai l’impression que celle-ci à l’avantage d’aborder les aspects importants comme le rôle du personnage et les méthodes que l’auteur pourra mettre en place pour préparer le personnage à ce rôle !
N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez en commentaire !

P.S : j’ai envie d’écrire le roman de Bertha maintenant. Merci.

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