Écrire un roman – Structurer son intrigue, partie 3

La transformation des protagonistes terminée, il est question de conclure le récit. On vous parle ici de l'élément de résolution, et de ce qui le suit !
Mathieu Begot
Mathieu Begot
Salut, moi c’est Mathieu ! Je suis passionné par les genres de l’imaginaire, la culture japonaise, mon chien et les commentaires que vous laissez sous mes articles ! En lire plus

Écrire un roman – Structurer son intrigue, partie 3

La transformation des protagonistes terminée, il est question de conclure le récit. On vous parle ici de l'élément de résolution, et de ce qui le suit !

Écrire un roman – Structurer son intrigue, partie 3

La transformation des protagonistes terminée, il est question de conclure le récit. On vous parle ici de l'élément de résolution, et de ce qui le suit !
intrigue partie 3

Troisième et dernière partie de notre série d’articles sur la structure d’intrigue la plus simple à aborder. Avant toute chose, si vous n’en avez pas eu l’occasion, je vous invite chaudement à lire les première et deuxième parties, dont découlent le présent article.

Au cours de cette série, nous avons eu l’occasion de voir que l’intrigue n’est rien de plus que l’ensemble des actions et évènements qui ont lieu dans le récit.

Vos récits commenceront (dans 90% des cas) par une situation initiale dans laquelle les différents protagonistes seront dans un état stable et confortable. Un élément perturbateur viendra les sortir de leur confort et les jettera dans les péripéties… Et c’est là que cela se corse, car il y a des dizaines de structures de péripéties possibles. Le plus important sera de garder en tête que ces péripéties vont faire évoluer les protagonistes en leur donnant l’expérience et les compétences nécessaires à la résolution de l’intrigue, qui a lieu avec…

4ème partie : l’élément de résolution.

Traditionnellement, l’élément de résolution va clore les péripéties et permettre à la situation finale de s’installer. C’est un temps de l’intrigue assez court qui inclut la réalisation pour les protagonistes de ce qu’ils doivent faire et comment, ainsi que cette dernière action.
C’est tout simplement l’ultime péripétie de votre récit, celle qui permettra aux protagonistes de rejoindre un état de stabilité. Il est très important de noter que votre élément de résolution  devra prendre en compte l’évolution subie par vos protagonistes au cours des péripéties.
Il ne s’agira pas nécessairement de le forcer à aller plus loin, simplement de lui permettre de s’illustrer encore une fois pour montrer son évolution (ou la négation de son évolution).

 

— Pour A, il s’agira de la fuite hors de la secte et donc le renoncement à une vie dans un groupe en totale cohésion. Il décidera ainsi de prendre en charge son propre destin sans attendre qu’on le fasse pour lui ;
— Pour B, ce pourrait être une dernière visite chez ses parents, terrorisée par ce qui lui arrive et la réalisation que l’homme n’existe pas. Elle réaliserait ainsi que la vie telle qu’elle était tracée pour elle depuis toujours et sans qu’elle n’en ait réellement eut le choix la rendue folle ;
— Pour C, il faut savoir que la pyramide de Freytag n’a pas d’élément de résolution puisqu’elle se termine toujours en eau de boudin. Pour maintenir l’analogie, l’élément de résolution se trouverait du côté du jeune, lorsqu’il décide de faire signer des tonnes de papier à C pour le déchoir de ses prérogatives et le jeter à la rue.

5ème partie : la situation finale.

La fin, tout simplement ; lorsque l’intrigue et les sous-intrigues sont toutes résolues et qu’il ne reste plus de mystères à éclaircir (sauf dans le cas où vous désireriez proposer une fin ouverte à vos lecteurs, évidemment).
Il faut noter que la situation finale est un retour à la stabilité des protagonistes… Mais il n’a pas à être nécessairement meilleur que celui de la situation initiale !

 

Dans nos exemples, ça n’est d’ailleurs le cas que de A, puisqu’il sortira grandi de son expérience et responsable de sa propre existence. B sera très probablement internée et suivie quelques années (au moins aussi longtemps que les années qu’elle aurait dues, faire en prison pour expier ses crimes). C retournera à la rue avec encore moins de confiance en l’autre qu’au début du récit.

Et donc c’est quoi le problème ?

D’un point de vue pur et simple, cette manière d’observer une intrigue « fonctionne ». Une intrigue est toujours ou presque composée des cinq éléments exposés plus haut. Il y a toujours un état stable, une rupture de cet état, un chemin chargé d’épreuves plus ou moins dures, la réalisation de ce qu’il faut faire, une ultime épreuve et le retour à un état stable (et, oui, la mort est un état stable pour un protagoniste).
Ce peut même être un outil, dans une certaine mesure, puisqu’elle peut aider à se poser quelques questions très simples, mais fondamentales, comme : mon élément déclencheur est-il suffisant pour tracter tel protagoniste dans l’intrigue ? L’élément de résolution prend-il en compte l’évolution de mes protagonistes ? La stabilité de la situation finale est-elle effective ?
On peut même dire que c’est un bon début pour qui commence à s’intéresser aux questions de l’intrigue, de sa structuration, de son travail, etc.

Sauf que :
1 – Nous l’avons vu tout au long de l’article : ce système n’est pas assez précis. Loin de là. Il nécessite en réalité de connaître tout un tas de structures (les articles viendront, rassurez-vous) narratives qui, elles, sont précises… Mais pas nécessairement adaptées à tous les projets.
2 – Ce système (et de nombreuses structures) laisse entendre (souvent malgré elles) qu’une intrigue se construit étape par étape, comme si elle était le cœur unique du récit et qu’on pouvait lui sacrifier la cohérence d’un personnage ou les lois de la physique (ou de la magie selon l’univers).
C’est évidemment faux. L’intrigue, les personnages et le cadre sont les trois organes fondamentaux d’un récit (écrit ou non) et ils interagissent de manière continue. Le cadre forme des personnages qui vont créer l’intrigue qui va altérer les protagonistes pour qu’ils puissent la résoudre et éventuellement modifier le cadre.
3 – Ce système me semble finalement plus adapté comme grille de lecture pour un lecteur que comme grille de travail pour un auteur. Il peut, certes, induire des réflexions intéressantes, mais il ne montre pas vraiment les mécaniques profondes du récit.

C’est pour ces trois raisons (et parce que cet article commence à être un peu long), que je vous propose de nous retrouver le mois prochain pour discuter de la méthode proposée par John Truby, qui nous permettra de compléter les structures narratives classiques tout en évitant les éventuels plotarmors et autres éléments incohérents qui semblent parfois nécessaires, mais abîment finalement l’expérience de nos lecteurs.

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