Les figures de style#1 : La Métaphore

C’est quoi ? À quoi ça sert et comment on l’utilise ? Yes, on répond à toutes ces questions dans l’article.
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Nicolas Parisi
Nicolas Parisi
Cofondateur du Club, auteur de nouvelles parues dans diverses revues, je m’intéresse particulièrement à la stylistique et ses applications pratiques à l’écriture. En lire plus

Les figures de style#1 : La Métaphore

C’est quoi ? À quoi ça sert et comment on l’utilise ? Yes, on répond à toutes ces questions dans l’article.
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Les figures de style#1 : La Métaphore

C’est quoi ? À quoi ça sert et comment on l’utilise ? Yes, on répond à toutes ces questions dans l’article.
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Rosy-Fingered Dawn At Louse Point, 2018, Willem de Kooning

On attaque ici une série d’articles dans laquelle on va explorer les principales figures de style et on s’est dit qu’il n’y avait pas mieux pour commencer que la métaphore ! Pourquoi ? Mais parce qu’elle est potentiellement l’une des figures de style les plus utilisées : du langage courant à la poésie.

 

On va donc rapidement voir ce qu’est une métaphore et, surtout, à quoi elles peuvent servir lorsque vous écrivez. Ensuite, pour les plus grammairiens et/ou courageux d’entre vous, on passera à une partie plus théorique, avant de condenser quelques conseils d’utilisation, tel que :

  1. c’est quoi une métaphore
  2. à quoi ça sert dans un texte ?
  3. les différents types de métaphore
  4. les rapports entre thème et phore
  5. la question des clichés et des monstres
  6. ce qu’il vaut mieux éviter de faire
  7. conclusion

 

#1 C'est quoi une métaphore ?

La métaphore fait partie de cette grande famille des figures de style qui fonctionnent par analogie. C’est-à-dire qu’on a un thème (appelé aussi comparé) qu’on rapproche d’un phore (le comparant). Dans le cas d’une comparaison (la grande sœur pas très fine de la famille), le thème et le phore sont rapprochés au moyen d’un outil de comparaison, comme « comme ».

 

Pour illustrer l’idée, on peut dire que : une comparaison va tenter de rapprocher thème et phore comme on pourrait jouer les entremetteurs entre deux de nos amis, tandis que la métaphore va tenter les marier.

 

Dans cet exemple, on a dans les deux cas : le thème « rapprocher thème et phore » et le phore « la relation amoureuse ». Mais là où la comparaison a recours à l’outil comparant « comme » pour établir ce lien, la métaphore, elle, s’en passe.

 

Voilà, un premier aperçu de ce que sont les métaphores, mais avant d’aller plus loin dans la partie technique, on va un peu se pencher sur l’aspect pratique :

#2 À quoi ça sert dans un texte ?

Et là, pour le coup, c’est intéressant parce que ça sert à beaucoup de choses les métaphores !

1/ C'est joli

Ça semble peut-être trivial, mais ce n’est pas pour rien que la métaphore est souvent associée à l’expression poétique. C’est quand même plus sympa de dire qu’une métaphore projette en Technicolor le film du phore pendant que défile en sous-titre le thème, plutôt que : « la métaphore génère une image mentale qui illustre le thème ».

Et ce, pour deux raisons :

 

  • une image mentale qui illustre, c’est, par défaut, plus joli que pas d’illustration du tout.
  • la métaphore va établir un lien intime entre le phore et le thème. Elle met en lumière un parallèle qui, peut-être, nous avait jusque-là échappé. Or, nous les humains, on a tendance à bien aimer établir des parallèles et des liens entre les choses. Et quand on voit que c’est connecté — surtout si c’est fait de manière harmonieuse, sans avoir recours à un outil comparant — ça nous fait plaisir et alors (n’en déplaise à Kant) on se dit « c’est joli ».

2/ Expliquer l’inexplicable (ou le très difficile à expliquer) au lecteur

L’allégorie est une autre des filles de la grande famille des figures fonctionnant par analogie. La grosse différence entre l’allégorie et la métaphore, c’est que la métaphore intervient à un niveau ciblé, alors que l’allégorie va créer un système complet pour mettre en parallèle deux mondes différents (souvent en utilisant des métaphores d’ailleurs).

 

Si je vous en parle maintenant, c’est pour évoquer l’Allégorie de la caverne de Platon. Vous imaginez comprendre cette idée si Platon n’avait pas eu recours à toutes ces images pour l’exprimer ?

 

De la même façon, dans le cas de la comparaison, on peut s’imaginer essayer d’expliquer à un enfant pourquoi il doit manger : « Tu vois, la voiture, pour avancer, il faut qu’elle ait de l’essence ? Eh ben toi c’est pareil, si tu manges pas, t’avances pas. Comme la voiture. Alors finis tes brocolis sinon je t’enferme dans le garage. »

 

Les figures fonctionnant par analogie sont donc utiles pour expliquer des idées. La métaphore ne déroge pas à cette règle (discutable d’ailleurs dans le cas des symboles). Elle offre une aide à la conceptualisation de choses qui parfois échappent aux mots, comme les sentiments ou les idées.

 

Pour conclure, et illustrer tout ça, on peut dire que « la métaphore habille de concret une idée abstraite ».

3/ Faire ressentir des émotions au lecteur

La métaphore, en plus d’aider à conceptualiser, peut aussi permettre de lier un objet (une idée, une chose concrète, n’importe quoi) à une émotion (et inversement d’ailleurs).

 

On peut tout aussi bien parler d’un « rire qui cascade » que d’un « cours d’eau rieur ». Dans le premier cas, le rire est le thème et l’eau qui coule, le phore. Dans la second c’est l’inverse.

 

Mais ce qui nous intéresse ici, c’est la seconde métaphore. On voit que l’on charge le cours d’eau d’une dimension émotionnelle. À la lecture, on se représente le cours d’eau et, en parallèle, on ressent cette légèreté chantante caractéristique du rire.

 

Et bon, à ce qu’il paraît, c’est pas mal de faire ressentir des trucs à ses lecteurs.

4/ Illustrer ce qu’il se passe dans la tête de votre personnage

Plutôt que d’expliquer à votre lecteur ce que ressent votre personnage, vous pouvez utiliser une métaphore dans la description de ce qui est perçu (sensoriellement) par votre personnage. Cette dernière permet d’ailleurs d’illustrer les associations d’idées qui peuvent se former au niveau inconscient !

 

Comment ?

 

Pour le coup, on va se faire un petit exemple. Prenons Paul et Marc, deux amis assis sur un banc qui regardent passer les nuages.

Paul, les yeux en l’air, contemple le défilé de ces innombrables moutons célestes, si lents qu’il a du mal à en tenir le compte.
Marc, tout occupé qu’il est à dévorer des yeux chacune de ces iles flottantes, que les épars rais de lumière strient de rayons caramels, n’a pas remarqué que son pote Paul se fait tellement chier qu’il est en train de s’endormir.
Marc se tourne vers Paul : « Hey… Il serait pas l’heure d’aller manger là, bientôt ? »

 

Pour Paul, on a utilisé une métaphore telle que le thème est « nuage », et le phore est « l’ennui » (en utilisant le cliché de « compter les moutons »). On a illustré, sans l’expliciter, que Paul est en train de s’endormir.

 

Dans le cas de Marc, on a montré comment son esprit, préoccupé par la faim, associait ce qu’il voyait, les nuages, (thème) à de la nourriture appétissante (phore).

 

OK ! On vu ce qu’était une métaphore et à quoi ça servait. On va maintenant attaquer la partie un peu plus théorique.

 

#3 Les différents types de métaphores

Personnellement, je ne suis pas un grand fan de cette classification, mais si on veut faire du bon boulot, faut les passer en revue. Du coup, pour rendre les choses un peu plus claires, on va prendre un même exemple que l’on traitera différemment pour illustrer chacune des métaphores.

 

L’exemple sera le suivant :
thème = l’eau
phore = le rire

1/ La métaphore annoncée

C’est le genre de métaphore dans laquelle, on retrouve un thème et un phore explicite.

 

Par exemple : L’eau s’écoule joyeusement en cascadant de rire le long de son lit.

 

On a « eau » et « rire » qui sont explicitement présents.

2/ La métaphore directe

Dans le cas de la métaphore directe, un des deux sera implicite.

 

Par exemple :

  • On entend, dans les remous, s’écouler des cascades de gloussantes.
  • L’eau, en chahutant le long de la rigole, émet de grands éclats cristallins.

 

Dans le premier cas, « eau » est implicite et « rire » explicite. Dans le deuxième cas, c’est l’inverse.

3/ La métaphore pure

J’ai jamais bien compris les métaphores pures, mais apparemment, ce seraient des métaphores dans lesquelles un des deux (thème ou phore) est plus qu’implicite : sans la clef, on ne le perçoit pas.

 

Ça donnerait :

Toi que Héraclite tenait pour responsable de ses maux, et dont tu causas finalement la perte, n’est-il pas ironique que ton propre soit le même que celui de Démocrite ?

 

C’est incompréhensible ? C’est normal, c’est une métaphore pure : pour la comprendre, il faut un contexte : culturel ou paratextuel. Ici, le contexte, c’est que Héraclite n’aimait pas l’eau et qu’il est mort d’un œdème. Et Démocrite est souvent présenté comme le philosophe qui rit, en opposition à Héraclite qui serait le philosophe qui pleure.

 

Bon, j’ai pas été très honnête (du fait que je n’aime pas les métaphores pures). Ici, ni le phore ni le thème n’étaient présent. Ce n’est donc pas une métaphore. Mais une vraie métaphore pure serait :

 

Ton rire cristallin, résonne-t-il d’ironie depuis que Héraclite, qui te tenait pour responsable de ses maux, est mort par ta main ?

4/ La métaphore filée

On revient à un type de métaphore un peu plus compréhensible. La métaphore filée, c’est simplement une métaphore qui s’étend longtemps (plus d’une proposition ou d’une phrase).

 

Par exemple : L’eau s’écoule en riant et esclaffe à chaque chahut des grandes gerbes joyeuses. Ça cascade, pétille, et dans les rigoles, s’amuse et se mare.

 

(Gros medley de tous les exemples précédents… ça y est, j’en ai ma dose, plus jamais je n’associerai l’eau au rire).

 

Bon, ça c’était la partie un peu relou. Maintenant on va se pencher sur une question plus stylée : les rapports entre thème et phore !

#4 Les rapports entre thème et phore

On aurait pu appeler cette partie « les différents types d’isotopie », mais je me suis dit que ça allait vous faire peur. Par contre, c’est effectivement de ce dont on va parler.

 

Alors on va commencer par rapidement expliquer ce qu’est l’isotopie, mais sachez que ce n’est pas fondamental pour comprendre la suite.

 

L’isotopie, c’est le fait qu’il y ait une redondance d’éléments à l’intérieur d’un texte de sorte que ce dernier soit cohérent. Bref, il y a des points communs entre les éléments. En ce sens, on peut difficilement étudier cette question dans le cas d’une métaphore en l’extrapolant de son contexte (textuel ou historique).

 

On va maintenant passer en revue les différents types d’isotopies que l’on peut retrouver dans les métaphores, et ça va vous paraître d’un coup plus simple.

1/ L'isotopie simple

L’isotopie simple, c’est lorsque le thème et le phore sont assimilables. Il y a un rapport d’équivalence total entre les deux. Normalement, on a toujours une isotopie complexe dans le cas d’un texte littéraire, c’est-à-dire que même si un thème et un phore sont semblables, ils ne sont pas parfaitement interchangeables (remplacer l’un par l’autre ferait perdre des nuances de sens).

 

Je n’arrive malheureusement pas à trouver d’exemple contredisant cette idée, aussi n’hésitez pas à me proposer en commentaire des cas d’isotopies simples fonctionnels !

 

OK, on passe à l’isotopie complexe, c’est-à-dire lorsque le thème et le phore ne sont pas assimilable. Dans ce cas, soit le thème, soit le phore paraît plus réel au lecteur (sauf exception).

2/ L'isotopie complexe positive

Le cas de l’isotopie complexe positive constitue le cas le plus typique de la métaphore : le thème est perçu par le lecteur comme étant plus fort, plus réel ; le phore n’intervenant que pour « l’habiller ».

 

Quand on dit « L’eau cascade de rire », on sait que l’eau ne rigole pas vraiment (et voilà, impossible de me sortir cette image de la tête). Le thème est donc plus fort que le phore.

3/ L'isotopie complexe négative

Et là ça commence à devenir intéressant ! Parce que dans le cas de l’isotopie complexe négative, on se retrouve avec un phore qui paraît plus réel que le thème au lecteur. Ce qui semble complètement contre-intuitif !

 

Imaginons un personnage qui a eu la bonne idée d’avaler le contenu du flacon d’acide qu’on lui tendait à une teuf plutôt que de verser une goute sur un buvard et de se le glisser sous la langue. Ce personnage, trois heures plus tard, est en pleine conversation avec une « dryade ».

Il a beaucoup parlé, s’est beaucoup livré, et il s’en rend compte. Il a un peu honte, mais finalement il trouve le courage de relever les yeux vers celle qui l’a écouté avec tant d’attention. Et ce qu’il rencontre le fait fondre. Il se laisse aller et la prend dans ses bras, enfouit son visage dans le feuillu buisson de ses cheveux verts et laisse couler quelques larmes.

 

Dans la métaphore « [il] enfouit son visage dans le feuillu buisson de ses cheveux verts », le thème est « cheveux » et le phore est « buisson ». Or, on sait que ce personnage est complètement défoncé et qu’il est juste en train de faire un câlin à un buisson. Donc, pour le lecteur, le phore est plus réel que le thème pour le lecteur !

4/ L'isotopie complexe en équilibre

Ça, c’est un peu plus complexe : c’est le cas où les deux nous paraissent tout aussi réels l’un que l’autre, sans pour autant être assimilables. Comment c’est possible ?

 

Pour ça, il nous faut un contexte : imaginons un homme qui, pour prouver son amour à une gente damoiselle un peu sadique, relève son défi de se jeter dans des flammes. C’est ce qu’il fait et, tandis qu’il se redresse pour faire face à son aimée, il lui déclare avant de succomber : « Je brûle d’amour pour toi ! »

 

Suivant comment on lit sa déclaration, le verbe « brûler » a soit une valeur littérale, soit figurative. « Brûler d’amour » en tant que métaphore pour décrire sa passion dévorante paraît aussi réel que « Brûler d’amour » en tant que description de ce qui est effectivement en train de se passer.

5/ L'absence d'isotopie

C’est un cas que j’ai vu évoqué dans un bouquin de stylistique, mais je dois vous avouer ne pas l’avoir pleinement compris. En théorie, c’est un cas où on a que le phore et aucun thème. On a donc un élément qui semble renvoyer à quelque chose, mais il nous est impossible de savoir quoi.

 

Par défaut, je dirais donc qu’on est dans le cas d’une métaphore pure sortie de son contexte : on comprend que ça parle de quelque chose d’autre que ce qui est littéralement évoqué, mais on a pas moyen de savoir quoi.

#5 Le cliché et les monstres

OK, j’espère que la partie précédente ne vous a pas donné envie de vous tirer une balle. Si jamais vous vous dîtes que non, que c’était génial ! Sachez qu’aux yeux de vos congénères humains, vous êtes bizarres alors.

 

Bref, on reprend ! Maintenant qu’on a compris un peu comment fonctionnaient les relations entre thème et phore, on va se pencher sur le cas des clichés.

1/ C'est quoi un cliché

Le cliché, c’est une métaphore qui a été tellement utilisée que l’on ne perçoit plus le phore, même faiblement, quand on la prononce.

 

« Tomber amoureux » est un cliché. Quand on dit « tomber amoureux » la chute, physique, impliquée par le mot « tomber » n’est pas du tout perçue.

 

Pareil pour « des cheveux d’or » l’image du métal brillant jaillit-elle vraiment dans votre tête ? Ou ne percevez-vous qu’une petite tête blonde prête à vous demander de lui dessiner un mouton ?

 

« Il pleut des cordes », « je pisse des lames de rasoir », « passer du coq à l’âne »… etc.

 

Pour toutes ces métaphores, à part si on s’arrête deux minutes pour y réfléchir, le phore n’est plus perceptible. On est dans un cas d’isotopie complexe positive tellement poussé qu’on pourrait presque le nommer Isotopie complexe positive totale.

2/ Réactiver le phore

Mais ce qui est chouette avec les clichés, c’est que le phore, qui est dormant, peut être réactivé pour donner des choses plutôt intéressantes.

 

On pourrait par exemple dire :

  • « cheveux d’or à 24 carats »
  • « Il pleut des cordes d’escalades »

 

En rajoutant simplement un complément du nom au phore, on lui redonne une réalité dans l’esprit du lecteur qui, sans faire passer la métaphore à une isotopie complexe négative, a au moins le mérite de raviver son image initiale dans l’esprit du lecteur.

3/ Le cas des monstres

OK, et qu’est-ce qu’il se passe du coup si l’on fait la même chose avec une isotopie complexe négative, c’est-à-dire qu’à force de la voir utilisée et de l’utiliser, le lecteur ne perçoit plus du tout le thème.

 

Vous savez d’où viennent les satyres ?

 

Initialement, c’était un voyageur grec qui, après avoir rencontré un peuple de montagnard au cours d’une de ses expéditions, a écrit dans son carnet de voyage que c’étaient des « hommes aux pieds de chèvre ». Quelle belle métaphore pour exprimer l’agilité de ces hommes ! Leur capacité à courir et sauter de rocher en rocher et le long des falaises.

 

Et petit à petit le thème a été oublié. N’est resté que le phore : l’image du satyre.

 

Bon… Tous les monstres ne proviennent pas nécessairement d’une métaphore à isotopie complexe négative totale. En effet, certains viennent de symboles, d’autres d’allégories… etc.

 

C’est quelque chose à vérifier, mais il est très possible qu’une quantité non négligeable de notre bestiaire merveilleux proviennent de situations assez similaires, où le thème initial a été oublié sous l’image que générait le phore.

#6 Ce qu'il vaut mieux éviter de faire

Les métaphores, c’est cool. Mais il y a peut-être quelques points auxquels il faut faire attention lorsqu’on écrit.

1/ L'avalanche de clichés

Avoir trop recours aux clichés, si c’est pas fait exprès et que vous ne cherchez pas à créer un effet particulier, c’est dangereux. Non seulement, c’est pas très élégant, mais en plus votre texte risque de paraître fade, comme si vous ne parveniez pas à générer d’images nouvelles par vous-mêmes.

2/ Amener une métaphore avec un phore pas pertinent pour illustrer un mouvement de pensée, ou émotionnel, de votre personnage

Si au cours d’une scène de combat, vous convoquez l’image des spartiates aux Thermopyles pour représenter comment votre personnage vit ce qui est en train de se passer, mais que votre personnage n’a à aucun moment ne serait-ce que fait mention de la Grèce antique — ou pire, si votre histoire prend place dans un autre univers — ce phore-là n’a pas sa place à ce moment-là. Le lecteur se dira juste « mais d’où ça sort, ça, d’un coup ? » Et ça le sortira de ce moment de votre histoire qui aurait dû être épique.

3/ Ne parler qu’en métaphore ou enchainer quinze métaphores avec quinze phores différents

À part cas très particuliers, c’est une très mauvaise idée. Je pense pas qu’il faille expliquer pourquoi, mais au cas je vous le dis quand même : ça sera chiant.

 

Une petite comparaison pour la route ? Les épices c’est bon. Ça veut pas pour autant dire que j’ai envie de manger des nouilles aux quatre épices, avec du poivre, du safran, du curry, du gingembre, du piment rouge, vert, des clous de girofle, du basilic et de la cannelle.

4/ Avoir recours à des appositions pour faire des métaphores

« La nuit tombait sur la ville, grand rideau de néant qui étouffe la vie le temps du sommeil. »

 

C’est peut-être un peu hypocrite (j’ai déjà eu recours à ce genre de procédé), mais je ne peux m’empêcher de trouver que ce type de métaphore en est une forme pire que bâtarde : monstrueuse. Il n’y a pas d’harmonie entre le phore et thème. Les deux sont collés l’un à l’autre d’une façon trop artificielle pour que ça ne nous renvoie pas l’image de quelque savant fou ayant cherché à atteindre un sens de sublime, uniquement pour se retrouver avec un monstre de Frankenstein sur lequel les coutures sont encore trop visibles entre les morceaux qu’il a tenté d’hybrider.

Après, je suis bien entendu capable d’imaginer qu’il existe de belles métaphores avec apposition.

5/ Faire des métaphores pures

Celle-ci, c’est plus une blague qu’autre chose. Je n’ai pas caché que j’avais du mal avec ce type de métaphores et j’imagine qu’à ce stade de l’article, ceux qui lisent toujours ne s’en offusqueront pas.

 

Je me permettrais de vous mettre en garde cependant : un texte trop hermétique, plutôt que de faire s’écrier au génie les lecteurs, risque au contraire de les rebuter très vite. À vous de doser, mais je ne doute pas que si vous devez avoir recours à cette forme de métaphore, vous le ferez en conscience et avec une juste mesure.

#7 Conclusion

La métaphore est une figure de style complexe, probablement beaucoup plus complexe que ce qu’on imagine de prime abord. Mais en comprendre les subtilités vous ouvre un éventail de possibilités incroyables lorsque vous écrivez ! Il faudra simplement se montrer prudent quant aux quelques points évoqués précédemment.

 

Un mot rapidement sur la typologie que l’on a établit en troisième partie : j’aurais souhaité la compléter d’une autre typologie, mais grammaticale celle-ci, où on aurait pu étudier les types de métaphore : nominale (apposition, attribut et complément déterminatif) et verbale. Mais cet article était déjà beaucoup trop long. Donc si vous voulez un court article en complément pour explorer cette question, dites-le-nous en commentaire !

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