Modalité narrative : la position du narrateur

Le narrateur est l’instance qui raconte votre histoire. C’est la passerelle entre votre lecteur et vous. Vu qu’il peut être compliqué de choisir sa position, on a décidé de vous écrire un article sur la question. De rien !
Mathieu Begot
Mathieu Begot
Salut, moi c’est Mathieu ! Je suis passionné par les genres de l’imaginaire, la culture japonaise, mon chien et les commentaires que vous laissez sous mes articles ! En lire plus

Modalité narrative : la position du narrateur

Le narrateur est l’instance qui raconte votre histoire. C’est la passerelle entre votre lecteur et vous. Vu qu’il peut être compliqué de choisir sa position, on a décidé de vous écrire un article sur la question. De rien !

Modalité narrative : la position du narrateur

Le narrateur est l’instance qui raconte votre histoire. C’est la passerelle entre votre lecteur et vous. Vu qu’il peut être compliqué de choisir sa position, on a décidé de vous écrire un article sur la question. De rien !
Toutes les aventures commencent avec un choix, celui de la position du narrateur

Vous vous êtes réveillé avec l’idée du siècle. Votre histoire racontera les mésaventures de Julien un jeune homme insouciant persuadé d’être le descendant d’une famille de grands sorciers. Votre objectif est simple, tourner en ridicule ce pauvre Julien, tout en le faisant assister à de belles coïncidences, de sorte qu’il se sente obligé d’aller toujours plus loin dans ses expérimentations.

L’histoire et les personnages principaux sont posés, mais il reste un point qu’il est nécessaire d’éclaircir : la position du narrateur. Qui sera-t-il ? Ou, plus précisément, comment va-t-il raconter les aventures rocambolesques de Julien ?

C’est de cela que nous allons parler aujourd’hui : la position du narrateur et ses effets tant sur le texte que sa perception par le lecteur.

Le plus classique : la troisième personne

L’utilisation de la troisième personne pour un narrateur revient à le positionner de manière extradiégétique, c’est-à-dire en dehors de l’action. C’est la position la plus répandue et ça n’est pas étonnant. Ce positionnement permet en effet de déployer le récit sous couvert du maximum d’objectivité possible. Le narrateur en troisième personne n’étant pas acteur de l’action, mais seulement transcripteur, il la rend bien plus véridique et objective aux yeux du lecteur.

Reprenons l’exemple avec Julien dont je parlais un peu plus tôt. Si le narrateur dit que « Julien était observé par ses collègues avec mépris », alors n’importe quel lecteur acceptera cette information comme véridique et absolue. Julien est effectivement observé avec mépris. Cela n’ira pas plus loin.

Cette objectivité classique de la part du narrateur s’allie d’ailleurs très bien avec les temps du passé. Ce point s’explique par l’aspect… Passé de ces temps. En effet, si l’action est terminée, alors il est d’autant plus logique que le regard posé dessus soit plus objectif.

Si le narrateur vient à dire que « Julien est observé par ses collègues avec mépris », un retour du narrateur sur ses propos est plus facilement possible plus tard. Il suffira de faire échanger deux personnages pour prouver que le narrateur avait tort.

Ce point s’explique par la nature même du présent, qui est à la limite temporelle de ce qui est connu. Il est bien évidemment possible de contredire un narrateur à la troisième personne et au passé. Ça n’est pas là mon propos. J’entends dire qu’il est mille fois plus simple de contredire « ce qui est entrain de se passer » que ce qui « s’est déjà passé ».

Il est important de noter qu’un narrateur à la troisième personne (et donc extradiégétique) se divise en deux grandes catégories : omniscient et extradiégétique pur.

L'omniscience et la polyvalence du narrateur

Le cas le plus commun, même parmi les narrateurs extradiégétiques, c’est le narrateur omniscient. Ces narrateurs ont accès à absolument tout ce qu’il se passe dans le roman, actes comme pensés. Ils permettent tant de retranscrire les pensées des personnages que de dépeindre au plus objectivement une action.

Ces narrateurs ont la capacité de passer de l’ultra subjectif, lorsqu’ils adoptent le point de vue d’un personnage, à l’ultra objectif, lorsqu’ils ne se positionnent que selon leur point de vue d’observateur. C’est justement cette plasticité narrative qui les rend aussi attractifs. Ils peuvent, dans une certaine mesure, adopter temporairement la majorité des fonctions dont nous allons parler dans cet article. Il est néanmoins bon de noter que si un narrateur omniscient peut adopter le point de vue d’un personnage, il ne le fera jamais aussi bien qu’un narrateur à la première personne (par exemple).

L’omniscience fait de ces narrateurs un choix de sûreté, mais elle renforce aussi la puissance des paroles. C’est d’ailleurs l’accès aux pensées des personnages qui le permet. Les narrateurs omniscients n’ont pas besoin de supposer quoi que ce soit (hormis lorsqu’ils adoptent le point de vue d’un personnage pour parler d’un autre). Ils ont accès à absolument tout et leur parole fait office de loi dans l’univers de votre roman.

L’extradiégétique pur et l’effet film

Le narrateur extradiégétique pur n’a pas accès aux pensées des personnages. Ce que cela signifie ? Eh bien tout simplement que votre narrateur agit comme une caméra dans un film. Les scènes qu’il présente suivent une action ou un personnage sans discontinuer, jusqu’à ce qu’une rupture soit opérée.

Ce type de narrateurs conserve bien entendu les caractéristiques énoncées plus tôt : il est objectif et extérieur à l’action. On pourrait même le penser plus objectif que le narrateur omniscient étant donné qu’il est privé de la pensée des personnages et donc ne peut être contaminé (si je puis me permettre le terme) par la subjectivité qui leur est inhérente.

Ce point peut d’ailleurs devenir problématique : comment montrer ce que pense un personnage sans le dire ? À l’inverse du narrateur omniscient qui pourra affirmer tout ce qu’il se passe à l’intérieur des personnages, le narrateur extradiégétique pur devra le décrire au travers des attitudes.

En termes de comparaison pratique, un narrateur omniscient pourrait simplement dire « Ils méprisaient Julien, encore à faire l’un de ces tours stupides qui les exaspéraient. ». Un narrateur extra diégétique, quant à lui, devra moduler son propos : « Les collègues de Julien l’observaient. Un murmure se formait dans la foule. Était-ce encore le guignol ? Oui, c’était encore lui. Les regards se teintaient alors de désapprobation tandis que les spectateurs soupiraient devant ce comportement tant anormal qu’aberrant. »

Bon, je ne suis pas un grand utilisateur de narrateurs extradiégétiques purs, mais on ne peut leur ôter leurs deux grandes utilités. Tout d’abord pour l’auteur qui, en se privant des pensées, est forcé à travailler ses descriptions pour que chaque geste, chaque attitude, transcrive indirectement les pensées d’un personnage. L’autre utilité est que ces narrateurs permettent le phénomène de visualisation le plus fort possible pour votre lecteur, puisqu’ils se comportent logiquement comme une caméra. Si vous désirez produire un roman (ou une nouvelle d’ailleurs) extrêmement visuel, je vous conseille d’essayer ce genre de narrateurs !

Le personnage narrateur : la première personne

Le narrateur personnage est LA deuxième grande option lorsqu’il s’agit de narration. On parle dès lors de narrateur intradiégétique, puisqu’il est dans l’action. Inverse absolu du narrateur à la troisième personne, le narrateur au « Je » exprime la subjectivité la plus exacerbée possible. Cette subjectivité peut se retrouver dans une tentative d’objectivité, je ne dis pas le contraire. Néanmoins, comme la narration est développée au travers des pensées et perceptions d’un personnage, elle sera nécessairement tordue par sa psyché.

Ce choix narratif, qui lie en permanence ce qu’il se passe à ce qui en est immédiatement pensé, permet d’accentuer l’identification ou la répulsion du lecteur envers le personnage-narrateur.

Reprenons l’exemple évoqué plus tôt. Julien pourrait très bien dire : « Bon, allez mon petit Julien, tu as tracé le cercle d’invocation et tu connais la formule. Tiens, ils reculent tous ? Ils ont raison, ça pourrait être dangereux pour eux. Ça me fait chaud au coeur qu’ils me soutiennent de la sorte ». Si vous avez fait comprendre au lecteur que Julien est en fait méprisé par ses collègues (par le jeu des dialogues par exemple), alors le lecteur pourra soit être un peu triste pour lui, soit le trouver carrément stupide et se demander quand va-t-il enfin ouvrir les yeux.

La première personne alliée au présent renforce encore plus la subjectivité de ce narrateur à la première personne puisqu’il n’a aucun recul vis-à-vis de ce qu’il vit. On pourrait même dire qu’il ne narre pas vraiment le roman.

Cette caractéristique est d’ailleurs très intéressante dans le cadre de l’arc de développement de votre personnage puisqu’il est soumis « en direct live » à ses échecs et ses doutes. Son évolution pourra ainsi être développée sous les yeux du lecteur, et ce sans que le narrateur ne s’en rende forcément compte.

Il faut également prendre en compte que le narrateur personnage n’est pas forcé d’être votre personnage principal. Dans notre exemple, il pourrait s’agir d’Emily, l’une des collègues de Julien. Elle pourrait ainsi exprimer en permanence l’avis général de leurs collègues, ou au contraire être l’une des rares à apprécier Julien et s’attrister tant de l’attitude de leurs collègues que du manque de perspicacité de son ami.

Le « je » au temps du passé.

Si le présent l’accentue , les temps du passé permettent de tempérer la subjectivité. Le personnage n’étant plus immédiatement soumis à l’action, il y appose un aspect rétrospectif, et peut donc commenter ce qu’il faisait.

Cette mise en perspective et les commentaires qui peuvent y être affiliés créent immédiatement une distance entre le personnage-narrateur et le passé qu’il raconte. Il s’agira ainsi de montrer que le personnage n’est plus ce qu’il était, mais aussi que l’histoire racontée à une grande importance pour lui, qu’il s’agisse des évènements en eux-mêmes ou de ce qu’ils ont impliqué.

Pour notre exemple, cela pourrait donner quelque chose comme : « Et donc j’étais là, en train de tracer avec du sel un genre de glyphe trouvé sur le net. Mes collègues s’amassaient autour de moi et, égal à moi-même, je ne comprenais pas que je n’étais rien d’autre qu’une bête de foire à leurs yeux. C’était vraiment pathétique quand j’y repense. Je crois bien que je voulais juste que l’on me regarde et peu m’importait comment. »

Ce choix narratif est particulier, mais il permet de créer des autobiographies fictives qui peuvent avoir un réel impact en termes de développement personnel. Ces autobiographies fictives peuvent d’ailleurs avoir un objectif explicatif : comment votre personnage a-t-il pu en arriver à faire ce qu’il a fait ? Si c’est ce que vous désirez faire, il faudra peut-être songer à commencer par présenter l’action qui est justifiée par le roman (par exemple Julien en prison après avoir mis le feu par accident aux locaux de l’entreprise où il travaille).

Je me permets néanmoins de vous mettre en garde : il ne faut pas tomber dans le commentaire facile et trop en dévoiler lorsque le narrateur commente ses actions passées. Il serait en effet dommage que, par le jeu de ces incursions du présent dans le passé, votre lecteur découvre trop d’informations sur le dénouement de l’intrigue dès la sixième page.

Première personne et trames multiples

Nicolas vous parlait dans un article du cas des trames multiples (allez y faire un tour pour en savoir un peu plus sur la question) et je n’ai honnêtement pas grand-chose à ajouter.

Le seul point concerne un roman à trame multiple où chaque trame serait portée par un personnage-narrateur différent. Qu’il s’agisse d’un seul personnage en fonction de différentes temporalités ou de plusieurs personnages positionnés sur une ou plusieurs temporalités importe peu, puisque chacun d’entre eux (ou version du même) possède sa propre identité. Cette identité s’exprime par les goûts, les choix, mais aussi par les schémas de langage employés.

Si vous désirez que ces multiples trames ne donnent pas l’impression d’être racontées par la même personne, alors il faudra développer des vocabulaires et des syntaxes propres à chacun de vos personnages narrateurs. L’un de vos narrateurs pourra ainsi n’employer que des phrases courtes pour traduire sa propension à être direct et un autre avoir un vocabulaire argotique parce qu’il a été élevé dans les bas quartiers de la ville.

Ces variations plus ou moins marquées (et qui nécessiteront un véritable travail d’orfèvre de votre part) permettront une différenciation profonde entre vos personnages narrateurs. Vous renforcerez ainsi l’aspect véridique de votre roman : ce sont effectivement des personnages différents qui y développeront votre propos.

Cas particuliers

Maintenant que nous avons abordé les deux monuments que sont la narration à la première et troisième personne, nous allons pouvoir nous intéresser à deux cas particuliers qui leur échappent partiellement.

Le narrateur ment sur sa position

Nous disions plus tôt que la narration au « il » était le cas le plus objectif possible. Il est pourtant possible que ces mêmes narrateurs changent de position au fil du roman. Je ne parle pas ici d’une multiplication des narrateurs, mais bien d’un narrateur unique qui se dévoile et glisse du « il » vers le « je ».

Ce glissement impactera la relation qu’entretient votre lecteur avec le narrateur. Le premier impact sera bien évidemment un sentiment de trahison de la part de votre lecteur, puisqu’il remettra probablement en question une partie de l’information qui lui a été transmise. C’est néanmoins la raison de cette dissimulation qui impactera le plus votre lecteur et la perception qu’il a de votre narrateur. Il existe à mon sens trois grandes possibilités :

→ Le narrateur se distancie par honte. S’il décide de ne pas assumer ses actions par honte, le narrateur pourra alors créer un sentiment d’attachement plus fort avec le lecteur. C’est un exemple que l’on retrouve beaucoup dans les séries télévisées ou même dans la vraie vie, le fameux « Je ne te demande pas ça pour moi, mais pour un ami… »

Dans cette configuration, le changement dans la narration prendra la forme d’une confession et renforcera le lien qui existait déjà entre votre narrateur et votre lecteur.

Ce cas s’appliquerait très bien à notre exemple et le narrateur pourrait dévoiler finalement qu’il est en réalité Julien.

→ Le narrateur se distancie pour objectiver son propos. Il est aussi possible d’offrir au narrateur qui se dévoile une position  un peu plus sérieuse. Il s’agit pour cela de priver le changement de position de tout aspect sentimental. Pour ce faire, il faut que la confession soit plus informelle et que le propos tenu jusqu’à cette dernière donne au lecteur l’impression qu’il s’agit en réalité d’un témoignage.

Je pense que le meilleur moyen de faire cela n’est pas de faire glisser la narration d’un « il » vers un « je », mais de créer un premier personnage narrateur qui avouera plus tard avoir créé cette identité pour le discours. Dans notre exemple, ce pourrait être le cas d’Emily qui, à la fin du roman ou de la nouvelle, avouerait que si elle en sait autant sur Julien, c’est justement parce que Julien a créé Emily pour transmettre sa propre histoire.

En toute honnêteté, notre exemple ne colle pas très bien avec ce type de glissement. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce désire d’objectivité colle beaucoup mieux avec les histoires qui parlent de grandes crises (une guerre, une épidémie, une prise d’otage, une enquête, etc.).

→ Le narrateur se distancie pour tromper le lecteur. D’un point de vue strict, les deux précédents cas cherchent à tromper temporairement le lecteur, de sorte que le narrateur ait le temps d’avouer la vérité. Ça n’est pas de cela que je parle ici.

Il est ici question d’un narrateur qui chercherait à duper le lecteur le plus longtemps possible pour se protéger d’une manière ou d’une autre. Ce pourrait être le cas d’un assassin par exemple (pour grossir le trait).

Ce glissement dans la narration ne me semble pas adapté à une confession (à moins qu’il s’agisse de la dernière phrase de votre histoire). Le mieux me semble être soit de faire venir cette information d’un personnage (si la narration est à la première personne) ou de l’amener à faire des erreurs. Si le premier point est plus simple à appréhender (il suffira d’opposer au personnage narrateur un autre personnage capable de démêler le vrai du faux), ça n’est pas forcément le cas pour la deuxième configuration.

Il s’agira de pousser le lecteur à douter de plus en plus des propos de votre narrateur. Bien que je ne sois pas très familier avec ce type de glissement, il me semble tout à fait possible d’amener le narrateur à reparler plusieurs fois d’une même scène tout en le faisant changer des détails fondamentaux à chaque fois.

Il est bien entendu possible de coupler les erreurs du narrateur avec la dénonciation par un autre personnage (cela pourra même inviter votre lecteur à relire le roman pour remarquer les preuves de culpabilité qu’il n’avait pas vu lors de sa première lecture).

La narration monologue, une quasi deuxième personne

Je parle de narration monologue lorsqu’il y a un phénomène de superposition entre le lecteur et un personnage-auditoire. On n’a donc accès qu’au propos du personnage narrateur, qui s’adresse directement à un personnage dont on ne sait rien (ou presque).

S’il y a cas de « quasi deuxième personne » c’est parce que ça n’est pas tant les informations que le personnage dit qui sont importantes, mais l’effet qu’elles suscitent chez son interlocuteur et donc le lecteur. Il s’agit d’y exposer un ou plusieurs évènements qui sont arrivés au narrateur-orateur. L’intérêt de ce choix narratif réside dans la conversation qu’il crée avec le lecteur, qui se sentira beaucoup plus impliqué par le propos tout en s’identifiant immédiatement au personnage à qui est racontée l’histoire.

La narration du contexte, du décor, des quelques éléments distinctifs qui entourent les personnages au moment du roman ne passe que par la parole, et on ne peut donc pas savoir ce que pense le personnage qui parle tant qu’il ne le dit pas.

Cette forme est peut-être plus subjective encore que la première personne étant donné qu’elle prive le lecteur d’une grande partie de la visualisation qu’implique normalement la lecture de fiction. Il ne pourra que faire confiance au narrateur-orateur, et ne saura jamais si ce qu’il raconte est réel dans l’univers créé (à moins que le narrateur avoue avoir a menti, bien entendu).

Ce type de roman, par son côté presque humain et définitivement conversationnel, crée généralement une forme de proximité intime chez le lecteur, permettant ainsi d’aborder plus ou moins n’importe quelle thématique comme s’il s’agissait d’une conversation de comptoir avec un inconnu.

Si le narrateur-orateur peut bien entendu raconter sa propre histoire (Julien dans notre exemple), ça n’est pas nécessaire pour autant. Souvenez-vous d’Emily, dont nous parlions un peu plus tôt. Il est tout à fait possible qu’elle assume cette position de narratrice et déploie ainsi toute sa subjectivité, dévoilant ainsi par exemple son inquiétude ou son mépris sur l’histoire de Julien.

Ce nouveau filtre permettra d’ailleurs, comme dans le cadre de la première personne, de créer identification, compassion ou répulsion tant vis-à-vis de la jeune femme que de Julien (un peu comme lorsqu’un personnage dresse le portrait d’un autre).

Pour conclure ?

Si les choix narratifs peuvent paraître anodins pour le lecteur, ils possèdent chacun des utilités qui leur sont propres. Les narrateurs à la troisième personne permettent de déployer plus d’objectivité que tous les autres et, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ça n’est pas le narrateur omniscient, mais bien le narrateur extradiégétique pur qui est le plus objectif.

Les narrateurs à la première personne permettent d’adopter pleinement le point de vue d’un personnage et donc de plonger dans sa psyché de manière permanente. Bien entendu, un personnage-narrateur n’est pas obligatoirement le personnage principal de l’histoire qu’il raconte.

Il est possible de duper le lecteur en faisant mentir le narrateur sur sa position puis de l’amener à se dévoiler, mais il est nécessaire que cette fraude narrative ait un objectif ou une raison. Il est également envisageable de prendre le lecteur a parti en lui donnant l’impression que c’est uniquement à lui que le narrateur s’adresse pour créer un contexte de lecture foncièrement intime.

J’aimerais également ajouter qu’il est possible dans un roman à trame multiple d’avoir une trame à la première personne, une trame avec un narrateur extradiégétique pur et une autre où le narrateur ment. En bref, le fait qu’il s’agisse d’un seul roman ne signifie pas que les méthodes narratives doivent être homogènes.

Il me semble avoir fait le tour des possibilités narratives dans cet article, mais n’hésitez pas à commenter si j’ai oublié quoique ce soit, ou simplement pour parler de votre type de narration préféré.

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2 réponses

  1. Bonjour,
    Le lien vers “l’arc de développement de votre personnage” ne fonctionne pas.
    J’en profite pour vous remercier de la qualité de vos contenus !

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