Les dangers du worldbuilding

Le monde que vous avez créé est génial mais les lecteurs n'accrochent pas ? Vous êtes peut-être tombés dans un de ces pièges...
Nicolas Parisi
Nicolas Parisi
Cofondateur du Club, auteur de nouvelles parues dans diverses revues, je m’intéresse particulièrement à la stylistique et ses applications pratiques à l’écriture. En lire plus

Les dangers du worldbuilding

Le monde que vous avez créé est génial mais les lecteurs n'accrochent pas ? Vous êtes peut-être tombés dans un de ces pièges...

Les dangers du worldbuilding

Le monde que vous avez créé est génial mais les lecteurs n'accrochent pas ? Vous êtes peut-être tombés dans un de ces pièges...
Un monde fictif créé à l'aide du worldbuilding

Si créer des personnages c’est devenir démiurge, créer un monde ça serait devenir Dieu, non ? On pourrait dire ça. Mais on pourrait aussi dire que ça serait super orgueilleux de penser un truc pareil. Et si il y a bien quelque chose que les mythes grecs nous ont appris, c’est que chercher à s’élever au niveau des dieux, nous mortels, ne finit pas toujours bien.

Alors, comment éviter de fauter par hubris lorsque l’on crée des mondes, et surtout, sur quels points faut-il être vigilant ?

Danger #1 : Passer plus de temps à créer un univers qu’à écrire

Si vous lisez cet article, c’est très certainement que vous écrivez. Vous êtes écrivain amateur, pro, débutant… etc, mais dans tous les cas vous écrivez.

Par contre, pendant tout le temps que vous passez à créer votre monde, vous n’écrivez pas. Pendant que vous vous tâtez à commencer à écrire, que vous vous dites qu’il faudrait quand même améliorer ci ou ça pour la cohérence totale de votre univers, vous n’écrivez pas.

Vous voyez où je veux en venir ? À un moment donné, il faut vous lancer, ne serait-ce que pour les deux points qu’on va évoquer dans les sous-parties suivantes :

Danger #2 : Créer un monde trop clairement défini

Allez, c’est parti ! Vous venez de passer quatre ans à établir les lois qui régissent votre univers, de son économie à sa géologie, vous commencez à écrire et c’est génial : vos personnages sont vivants, votre monde crédible et précis, c’est le pied.

Oui mais… parvenu au quatrième chapitre, vous réalisez que ce serait génial, en fait, si là tout de suite le bateau qui transporte vos héros se faisait attaquer par un kraken.

Le problème : la portion de mer que traverse actuellement vos héros est alimentée par un courant chaud venu du grand océan sud. Or, vous avez clairement établi que les krakens vivaient en eau froide. À la limite, si le kraken avait sommeillé pendant des décennies dans une grotte sous-marine où l’eau est particulièrement froide, suite peut-être à la remontée d’une nappe phréatique sous-marine, alors il serait possible que… Ah oui, mais non. Le fond marin à cet endroit est censé être un désert de sable suite à l’affrontement entre les deux mages Machin et Machine, deux siècles auparavant…

Bref, il vous reste deux options :

  • ne pas faire intervenir de kraken et tant pis pour votre intuition géniale.
  • repenser complètement la biologie et l’histoire de votre univers de façon à rendre cohérente l’arrivée d’un kraken à cet endroit.

Ces deux options sont parfaitement recevables. Mais peut-être que ça aurait été plus simple de créer un monde légèrement moins enfermé dans sa précision afin de vous laisser ne serait-ce qu’une toute petite marge de manœuvre.

Après tout, on ne sait jamais quand on a besoin qu’un kraken débarque.

Danger #3 : Saouler votre lecteur avant même la fin de l’incipit

N’avez-vous jamais lu de ces nouvelles ou romans dont l’auteur, sûrement pressé de vous faire découvrir l’incroyable univers qu’il a imaginé, vous écrase d’informations bien trop spécifiques avant même de commencer à raconter une histoire ?

C’est chiant n’est-ce pas ?

Alors, je vous en prie, n’infligez pas ça à vos lecteurs ! Retenez-vous. Je sais que cela peut être frustrant, mais ne vous inquiétez pas : on vous explique un peu plus loin comment faire un bon incipit et expliquer au lecteur comment fonctionne votre monde sans qu’il ait à mourir d’ennui avant même que ne lui soient présentés les personnages.

Eh oui, ce n’est pas parce que Tolkien s’est permis de nous endormir avec 100 pages sur la Contée au début du Seigneur des Anneaux que c’est nécessairement une bonne idée de faire pareil.

Danger #4 : ne laisser aucune marge de rêve à votre lecteur

Un worldbuilding poussé permet d’établir une cohérence. Votre monde fait sens : sa politique, son économie, sa culture, ses bons et ses mauvais côtés, tout ça est le résultat de multiples chaînes d’évènements qui remontent à bien plus loin que le début de l’histoire que votre roman narre.

Mais à vouloir créer quelque chose de trop solide (au-delà de vous exposer au danger #2 que l’on évoquait juste au-dessus) vous risquez en plus de supprimer toute liberté imaginative à votre lecteur.

Votre monde a été conçu avec soin et dans ses moindres détails ? Grand bien vous fasse. Mais ne passez peut-être pas 15 pages à expliquer à votre lecteur les répercussions, sur le mode de vie des tribus nomades du grand désert de corail, de l’augmentation du prix de la graisse d’Ourouk aux étals du marché flottant de celle qu’on appelle la Grande Marchande : la citée d’Irkhail.

Parfois suggérer les choses, en ne faisant que les évoquer, suffit à faire ressentir cette cohérence et permet en plus de faire rêver.

Comment éviter ces dangers : remettre le lecteur au cœur du processus d’écriture

En ce qui concerne les deux premiers dangers, c.-à-d. passer plus de temps à créer un monde qu’à écrire et créer un monde trop fermement défini, on pourrait se dire que la solution serait tout simplement de ne pas passer trop de temps sur l’étape du worldbuilding et de sauter le plus vite sur l’écriture proprement dite.

Mais jamais je ne vous conseillerai ça, tout simplement parce que je sais qu’il y a énormément d’écrivains de SFFF qui prennent un plaisir incroyable à cette étape. Je vous dirais simplement ceci : n’oubliez pas que le worldbuilding n’est qu’une étape. Le cœur de votre activité, c’est l’histoire que vous racontez, les personnages que vous créez et les émotions que vous faites ressentir au lecteur.

Le worldbuilding c’est la création du contexte dans lequel nait votre histoire. Le lecteur n’a (majoritairement) pas envie de lire un livre d’histoire-géo à propos d’un monde fictif. Il veut une histoire prenante qui se déroule dans un monde cool.

Alors, pour que vous puissiez vous faire plaisir à jouer à Dieu sans pour autant gaver votre lecteur, on vous a préparé quelques conseils pour distiller intelligemment les infos sur le fonctionnement de votre monde à l’intérieur de votre histoire.

Conseil #1 : Utiliser la voix de vos personnages

La voix du narrateur a ses limites. Si vous l’utilisez pour autre chose que la narration de votre histoire, il vous faudra être très habile (ou alors aller faire un tour sur l’article de Mathieu à propos des différents types de narrateurs !). Vous pouvez donner une identité au narrateur, vous pouvez jouer les tonalités de sa voix… etc. Mais concrètement, le plus simple reste encore de faire un petit effort : Vous voulez parler en détail d’un aspect de votre univers ? Créez un personnage à même de le faire !

Allez, on se fait quelques exemples :

Le cynique

Une ville de votre univers est rongée de corruption ? Plutôt que d’avoir votre narrateur prendre la voix d’un journaliste du Monde et détailler les ressorts de cette corruption, vous pouvez mettre en scène un personnage au cynisme exacerbé (peut-être un ancien idéaliste qui a par le passé pu travailler au milieu des hautes sphères du pouvoir ?), qui, à demi saoul au fond d’une sombre taverne, tiendra des discours complotistes à qui voudra bien l’écouter déblatérer.

On ne fait pas attention aux discours de ce genre de personne me direz-vous ? Dans la vie, peut-être. Et effectivement, peut-être que les personnages à qui il s’adressera ce soir-là, dans ce bar-là, ne le prendront pas au sérieux. Mais on s’en fout de ces personnages. Votre lecteur, lui, écoutera ce qu’a à dire votre Cynique.

Alors oui, le lecteur mettra en doute ce que votre personnage dit. Et c’est d’autant plus stylé parce que le lecteur voudra vérifier ces informations et sera attentif aux petits détails que vous lui glisserez discrètement au fur de l’histoire.

Le Naïf

Le Naïf est l’envers du Cynique, mais permet d’amener un effet encore plus intéressant : il permet de dresser un portrait en négatif d’un aspect de votre monde. Si vous présentez un personnage comme étant complètement naïf (et par exemple soumis à la pensée dominante), toutes les opinions positives qu’il pourra tenir, à propos d’un gouvernement par exemple, sonneront comme erronées aux oreilles du lecteur. Et ce dernier, méfiant par nature, imaginera que la réalité est l’inverse de ce que le Naïf décrit.

Et vous aurez ainsi dressé un portrait en négatif, c.-à-d. à l’inverse de ce qui est dit, en replaçant le lecteur au centre de votre travail : c’est à lui d’écouter, d’interpréter, de tirer des conclusions… Bref, de s’immerger dans votre monde pour le comprendre.

L’Aventurier

Votre univers est immense et vous voudriez que le lecteur ait conscience de cette immensité ? Bazardez au milieu de l’histoire un aventurier, voyageur, marin… etc. Il pourra parler à vos personnages principaux de toutes ces contrées lointaines dont il entendu parler, qu’il a traversées, de tous ces peuples aux mœurs étranges, de ces paysages incroyables… Il pourra vendre du rêve, et ce bien plus efficacement que si c’était votre narrateur qui :

« à l’ouest s’étendait le royaume de Atlasdegeo. Il longeait les côtes de la mer d’Evidence. C’était donc un royaume côtier qui s’était développé grâce au commerce de gros clichés. »

Le Commerçant

Les commerçants peuvent servir à développer beaucoup d’aspects de votre univers. À l’instar des aventuriers, ils ont pu beaucoup voyager. Mais leur curiosité ne va pas au même endroit. Quand un aventurier s’enflammera à propos de tel ou tel aspect d’un pays lointain, le commerçant sera peut-être plus sensible à des sujets comme l’économie, la politique extérieure, les vêtements que portent les peuples locaux… etc.

De même, à un niveau plus local, un commerçant peut avoir une vision claire de la politique commerciale de sa ville ou l’état de l’économie.

Les Limités

Ce ne sont pas nécessairement des personnages bêtes. Ils sont juste… limités. Ça peut être effectivement des personnes limitées par leur intelligence, mais aussi des enfants ou simplement des touristes qui manquent de connaissances locales.

À quoi serviraient ces personnages ? Eh bien ils servent à poser des questions « bêtes ». J’entends par là des questions que tous les autres personnages trouveraient bêtes, simplement parce que les réponses sont considérées comme évidentes pour qui vivrait sur place, mais auxquelles votre lecteur n’a pas accès.

Imaginez : un grand cortège dans la rue, mais une ambiance maussade. Votre personnage principal entend un enfant derrière lui :

— Papa, Papa… C’est qui lui ?

— Eh bien… Euh… C’est le Roi qui revient, fils.

— Oh… Mais il était où ?

— À la guerre… Il revient de la guerre.

— Mais pourquoi tout le monde est triste alors ?

— Parce qu’il revient sans son fils… Fils.

Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi les super-méchants devaient être accompagnés par un personnage tout aussi maléfique, mais souvent carrément demeuré ?

Au-delà de l’aspect comique, le demeuré, c’est un personnage qui a besoin qu’on lui explique, avec des mots simples et en détail, le plan machiavélique du méchant. Et hop, on informe, grâce à l’histoire, le lecteur.

La formule à garder en tête

On pourrait développer encore beaucoup d’autres types de personnages, mais maintenant que vous avez compris comment ça fonctionnait, on va plutôt établir une formule réutilisable :

  1. Identifiez un aspect de votre monde dont vous voulez parler au lecteur.
  2. Imaginez un personnage qui puisse en parler
  3. Déterminez un contexte dans lequel un tel personnage veuille en parler, sans que ça impacte négativement le rythme de votre histoire

Conseil #2 : Mettre en scène des situations qui illustrent un aspect de votre monde

Parce que vous avez compris le principe, on va directement se faire un exemple parlant. On parlait de corruption à un moment ? Soit, eh bien plutôt que de se taper un cours magistral de la part du narrateur à propos du manque d’éthique des politiciens en place, pourquoi ne pas imaginer une scène durant laquelle un de vos personnages principaux serait témoin d’un abus de pouvoir ?

Un truc qui prendrait bien aux tripes, du genre :

votre héros se balade entre les étals d’un marché. Il échange avec un marchand fort sympathique, mais qui a l’air un peu stressé. Le jeune fils du marchand pose plein de questions naïves au héros et lui dit que, plus tard, lui aussi veut devenir aventurier.

Le père et le héros rigolent, le gamin rougit mais ne se démonte pas : Plus tard, il sera aventurier, nah !

Le marchand offre de bon cœur un truc, comme une miche de pain, au héros et ce dernier retourne flâner en mangeant le quignon.

Alors qu’il s’éloigne, votre héros remarque cinq membres de la milice débarquer crânement à l’étal qu’il vient de quitter. Le marchand s’assombrit et cache son fils derrière lui. Le chef de la petite troupe, qui comme de par hasard a une gueule de connard, tend la main et attend qu’on lui donne quelque chose.

Le marchand secoue la tête de gauche à droite et on peut voir un mélange de colère et d’impuissance sur son visage. Le connard en chef fait un signe de tête à un de ses gorilles qui renverse une caisse d’oranges par terre.

Le fils échappe à la main paternelle qui le retenait derrière et va tambouriner de ses petits poings en colère sur la cuisse du connard en chef.

Le connard en chef retourne une sale torgnole au gamin. Tellement fort que sa tête de bambin secouée va rebondir contre l’armature de l’étal. Le gamin chiale, le père immobile pleure de rage. Le connard en chef rigole, ramasse une orange, fout un coup de pied dans une pile de caisses pleines de provisions qui s’effondre et se casse en pelant son orange.

Cinq mètres plus loin il se retourne vers le marchand et votre héros l’entend dire « Une semaine… Pas plus. Ça serait dommage qu’un incendie se déclare et que la milice ait pas le temps d’intervenir. Comme vous le savez, on manque un peu de moyen en ce moment… ».

Bon, OK ! Je me suis un peu emballé. Mais je pense que c’est quand même beaucoup plus stylé (pour vous comme pour votre lecteur d’ailleurs) que si vous aviez eu recours à un long discours explicatif de la part de votre narrateur sur les affres d’une police corrompue.

Allez, on passe à la suite.

Conseil #3 : Insérez des interludes

Je vous parlais dans un article précédent des structures à trames multiples et notamment de la structure de type intermédiale. C’est de celle-ci qu’on va parler ici.

Vous pouvez, en tête de chapitre, insérer des extraits d’articles de presse fictifs par exemple. Ces articles peuvent être signés de la main d’un de vos personnages, même secondaire, ou d’une personne complètement inconnue du lecteur. Dans le cas d’un roman qui se passerait en des temps un peu plus médiévaux, vous pouvez insérer un extrait de poème épique, d’une chanson de geste, proverbe, blague, légende… etc.

Le fait que ces interludes interviennent en tête de chapitre vous dispense en plus de créer un cadre qui justifierait leur inclusion à l’intérieur de votre narration. Ce que je veux dire par là, c’est que vous pouvez vous dispenser d’avoir un de vos personnages tomber sur un vieux journal et lire l’article pour que le lecteur puisse y avoir aussi accès.

Vous donnez ainsi des informations à votre lecteur sur votre univers, non pas sous forme de cours informatif porté par la voix du narrateur, mais au travers d’objets écrits issus de votre univers desquels le lecteur extrait les informations.

Conseil #4 : Ne foirez pas votre incipit

Super conseil n’est-ce pas ? En même temps, c’est à mon sens un conseil très important. Comme je vous le disais au début de cet article, il est très facile de s’emballer dès l’incipit et d’avoir envie de déballer à son lecteur à quel point l’univers qu’on a construit est complexe et cool et plein de détails trop bien et…

Mais pour l’instant, votre lecteur s’en fout de votre monde. Ça commencera à l’intéresser une fois qu’il aura accroché à l’histoire. Comment on fait ça ? Eh bien il y a plusieurs possibilités, et je vais vous en citer quelques-unes.

Vous allez voir, les conseils précédents vont nous être utiles.

Faire un incipit In medias res

Vous saviez que lorsqu’on a un flingue dans la bouche, le lecteur s’en fout de savoir dans quel monde on se trouve ? Tout ce qui va l’intéresser, c’est déjà qu’on ne peut pas prononcer les voyelles, et surtout : mais comment ce personnage s’est-il retrouvé avec un flingue dans la bouche ???

Le début in medias res, c’est plonger directement le lecteur au cœur de l’action. Vous attaquez par scène qui ne nécessite pas nécessairement de connaissances préalables sur votre univers pour être comprise, ça accroche le lecteur et ça aiguise sa curiosité : il veut savoir ce qui se passe.

Vous êtes alors dans la meilleure des positions : vous n’êtes plus dans la position de l’auteur qui doit demander à son lecteur d’être patient et de se taper quelques pages d’explications pour comprendre le contexte dans lequel l’action qui va arriver doit se dérouler. Vous êtes maintenant dans une position où le lecteur est avide de détails : il veut maintenant qu’on lui explique le contexte et vous avez toute latitude pour lui parler (un peu, faut pas exagérer non plus) de votre univers.

Le mieux avec le début in medias res ? → la scène qui met directement dans l’ambiance peut être une scène qui a valeur d’illustration d’un des aspects de votre monde.

Utiliser la voix de vos personnages

On y revient, mais ça reste l’une des meilleures façons de faire passer de l’information à votre lecteur sans l’ennuyer. Dans le théâtre, dans le cas où on avait pas recours à un chœur, les scènes d’exposition montraient souvent un dialogue entre deux personnages : un principal et un second un peu limité. Comme évoqué plus haut, le personnage limité pouvait, sans que cela semble étrange au lecteur, poser des questions dont les réponses établissaient le contexte pour le spectateur.

Mais vous n’êtes pas pour autant obligés de recourir à ce genre de personnage. N’importe quel personnage, que vous aurez imaginé en utilisant la formule que l’on a établie, fera l’affaire ! À vous de voir ce que vous voulez faire, mais faîtes le en conscience.

Faire un effet zoom avec votre narrateur

Oui, je sais, depuis le début de cet article, on a pu avoir l’impression que j’avais quelque chose contre les narrateurs. C’est faux. J’adore jouer avec la voix du narrateur. Le problème, c’est que si on le fait par défaut, on se retrouve à entendre non plus la voix du narrateur, mais celle de l’auteur. Et ça…

Alors, si vous pensez que pour commencer, votre histoire a besoin qu’un minimum de contexte soit posé en amont, posez effectivement un minimum de contexte. Le but est de donner un aperçu de votre monde et de lentement recentrer le focus sur votre personnage.

Eh bien, ça, je pense qu’on peut l’appeler un effet zoom. Par contre si l’effet zoom dure sur quinze pages, c’est plus un effet zoom. C’est un plan panoramique qui se resserre tellement lentement sur ce qui nous intéresse qu’on a l’impression d’assister à un plan fixe.

Alors, quelle est la vitesse de zoom optimale ? Je n’en ai aucune idée. Ça peut être un paragraphe comme quatre pages. Ça sera à vous de bidouiller, de tenter et de voir auprès de vos lecteurs tests ce qui passe, ce qui ne passe pas…

Conclusion

Vous l’aurez compris, le danger principal du worldbuilding est de vous investir tellement dedans que votre univers devient, à vos yeux, plus important que l’histoire que vous racontez. Mais que cela ne vous retienne pas de vous jeter la tête la première dans la création d’un monde, parce qu’un worldbuilding précis peut être extrêmement cool. Gardez simplement cela en tête : aussi stylé que soit votre univers, c’est au travers de l’histoire que votre lecteur doit le découvrir.

2 réponses

    1. Merci ! J’ai jamais lu “Les voyages de Gulliver”, je le rajoute à ma liste (qui ne cesse de s’allonger, mais au moins on a pas trop le temps d’hésiter en allant chez le libraire). Content que l’article vous ait plu en tout cas !

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