Pourquoi écrire un roman de science-fiction ?

La science-fiction est un genre vaste, suffisamment pour y trouver son bonheur. Cet article est là pour convaincre les récalcitrants !
Mathieu Begot
Mathieu Begot
Salut, moi c’est Mathieu ! Je suis passionné par les genres de l’imaginaire, la culture japonaise, mon chien et les commentaires que vous laissez sous mes articles ! En lire plus

Pourquoi écrire un roman de science-fiction ?

La science-fiction est un genre vaste, suffisamment pour y trouver son bonheur. Cet article est là pour convaincre les récalcitrants !

Pourquoi écrire un roman de science-fiction ?

La science-fiction est un genre vaste, suffisamment pour y trouver son bonheur. Cet article est là pour convaincre les récalcitrants !
Un astronaute pour représenter la science-fiction

Pourquoi écrire un roman de science-fiction ? La question est, j’en conviens, vaste. Très vaste. Il y a ceux qui sont tombés dedans quand ils étaient petits et n’ont jamais voulu en sortir ; ceux que les médias appelleraient des « auteurs protéiformes » et qui refusent de s’inscrire dans un genre particulier ; ceux qui sont intrigués par cette espèce de macrogenre qui a envahi les écrans télévisés il y a une trentaine d’années et peine encore parfois à être assumé en littérature…

Ouais, il y en a beaucoup, des raisons de s’intéresser à la science-fiction !

 

Je vous propose donc de faire un petit tour d’horizon de la SF, qu’il s’agisse de ses sous-genres ou des raisons qui pourraient vous pousser à sauter le pas ! Prêts ?

Probablement le genre le plus étendu.

Amis de la fantasy (dont je fais largement partie), je vais vous demander de ranger vos fourches, vos torches et de vous faire à l’idée : la SF nous a, sur ce plan, vaincus

Attention : j’ai parfaitement conscience que la fantasy est un genre très, très, très étendu. Je le sais, cela fait un petit bout de temps que je la travaille.

J’ai pourtant l’intuition que la SF va encore plus loin.

1. La Hard-SF, où le réalisme prend le pas.

On parle de Hard SF lorsque les technologies mises en avant par l’auteur sont des évolutions très plausibles et réalistes de celles que le lecteur a à sa disposition.

L’une des grandes forces de la hard SF est que, en se basant sur des évolutions plausibles de notre technologie, elle permet à ses auteurs de mettre leur lectorat face à ce que la science sera possiblement demain ! Elle renforce ainsi les sonnettes d’alarme qui y sont tirées.

 

Attention néanmoins : il a beaucoup été reproché à la hard SF de délaisser l’aspect sociologique inhérent à la littérature au profit de pures spéculations scientifiques. Travailler là dessus n’est donc pas une mauvaise idée si vous souhaitez sortir de ces clichés qui ont encore la peau dure ! 

2. Le voyage dans le temps, pour que le lecteur rencontre Napoléon, Gandhi ET Élisabeth II !

La thématique de ce sous-genre est simple : un ou plusieurs personnages ont accès à une machine qui leur permet de voyager dans le temps et, bien évidemment, ils l’utilisent.

C’est simple, c’est efficace et surtout, si c’est bien fait, ça plaît énormément. Le voyage dans le temps n’a pas réellement de limites, si ce n’est quelques paradoxes classiques du genre, comme l’interdiction de toucher ses « sois » du futur ou du passé, ou celui du grand-père (si le personnage tue son grand-père, comment pourra-t-il naître ?).

 

Deux schémas se distinguent, selon que le personnage partira plutôt dans le futur ou le passé :

Passé : Le personnage se retrouve impliqué dans les évènements qu’il souhaitait simplement observer, tant et si bien que l’on finit par comprendre qu’il a toujours été l’un de leurs acteurs !

Futur : Le personnage découvre un monde qui ne lui convient pas (dystopie, apocalypse, etc.) et fera des aller-retour entre les deux temporalités dans l’espoir de « régler » la réalité (qu’il y parvienne, ou non).

 

Il n’y a qu’une seule mise en garde que j’aimerais faire : faire voyager son personnage dans le passé, c’est cool. Ça permet de lui faire visiter des époques plus ou moins connues… Mais encore faut-il maîtriser ces époques un minimum !

Alors, amis du voyage dans le temps, ne lésinez pas sur vos recherches, elles vous seront profitables, mais aussi à votre manuscrit et à vos lecteurs !

3. L'Uchronie, qui brouille les repères du lecteur.

L’uchronie est un sous-genre un peu spécial de la SF, puisqu’il naît à un point de rupture entre notre Histoire et celle du récit.

Il s’agira ici de modifier un évènement plus ou moins important (et si l’imprimerie n’avait jamais été inventée ? Et si c’était l’Asie qui avait colonisé le monde entier, et non l’Europe ?) et ensuite de penser et développer le récit autour et en fonction de ce point de rupture.

L’une des grandes forces de l’uchronie est qu’elle nous met face au monde tel qu’il aurait pu être, et nous force ainsi à réfléchir sur des acquis historiques qui datent parfois de plusieurs siècles !

 

Petite mise en garde, très similaire à celle du sous-genre précédent : tout point historique peut être modifié par l’Uchronie, mais assurez-vous de le maîtriser un minimum (ainsi que ses répercussions), car c’est là que se trouvera l’un des plus gros nœuds de votre récit.

4. Le Steampunk… Fils caché de l’uchronie ?

On nous a posé une question intéressante sur ce post Instagram : le steampunk est-il une forme uchronique ?

Bon, avant toute chose, quelques mots sur le steampunk. Il s’agit d’un sous-genre où le monde, au lieu de tourner à l’électricité, tourne à la vapeur. Fort d’un accès à plus ou moins tous les médias, le steampunk a su développer une esthétique très identitaire : vêtements en toile et cuir et crasse omniprésente liée au charbon qui alimente la majorité des machines, notamment.

Le steampunk en ce que son esthétique se rapproche beaucoup de celles allant du milieu du XIXe au milieu du XXe plaît énormément, car elle semble ancienne, mais pas « tant que ça ».

 

Et du coup, pour en revenir à la question posée plus tôt, et bien cela dépend de la raison de la « suprématie » de la vapeur :
– Si l’électricité n’a jamais été découverte, alors on peut dire que, d’un point de vue théorique, le steampunk est une forme uchronique !
– Si l’électricité a été découverte, mais abandonnée ou perdue (pour une raison que je vous laisse déterminer), alors non, le steampunk ne peut pas être considéré comme uchronique (sauf exceptions, évidemment).

5. Le post-apo, souvent synonyme d’absence d’électricité.

Bon, c’est tiré par les cheveux, je l’entends haha… Mais c’est souvent vrai ! Bref.

Le post-apocalyptique est un sous-genre de la science-fiction où une catastrophe majeure a détruit la société telle que nous la connaissons. Il n’y a pas vraiment de contraintes quant à la nature de cette catastrophe. Elle peut être météorologique, naturelle, biologique, d’origine humaine ou alien, être induite par un soulèvement des IA contre l’humanité, etc. Les humains peuvent avoir essayé de la contenir et même avoir réussi un temps, ou avoir été immédiatement dépassés.

Le post-apo’ a pour grand intérêt qu’il met le lecteur face à un monde en ruineles codes ne sont plus les mêmes (s’il en reste) et où le danger est constant, révélant ainsi la véritable nature des personnages à mesure que des choix cruciaux (abandonneront ils Machin maintenant qu’il est tombé malade ? Machine va-t-elle sacrifier son camp de réfugier pour entrer dans la dernière véritable ville humaine ?) s’imposent à eux.

On notera d’ailleurs que si ces choix révèlent ainsi la nature des personnages, c’est parce qu’ils les mettent face à une peur primale et (je pense) oubliée : la peur de l’extinction.

6. Le Space opera, pour de grandes aventures intergalactiques

Le space opera, c’est généralement l’histoire d’un ou plusieurs équipages, de leurs vaisseaux et de leurs allées et venues aux confins de l’univers.

Ce sous-genre c’est celui des mercenaires et des aventuriers qui ont souvent des missions bien définies et qui les confrontent à tout un tas de péripéties, à des systèmes stellaires en guerre, à l’obligation de passer par des zones non cartographiées, etc.

Le space opera peut être grandiose, riche en couleurs et contrastes au travers tant des membres du groupe (qu’il s’agisse d’un groupe fixe ou qui lie et délie au fur du récit) que des mondes visités et de leur culture, faune, flore, etc.

 

Mais du coup attention : qui dit nouvelle planète, dit nouveau système politique, nouvelles mœurs, peut-être même nouvelle espèce ! Et bon, s’il n’est pas obligatoire de se taper quinze heures de worldbuilding pour le moindre satellite, assurez-vous de maîtriser les aspects majeurs de chacun d’entre eux ainsi que ce qui les distingue les uns des autres.
Il serait dommage que votre lecteur ait l’impression que des planètes situées aux quatre coins de l’univers se ressemblent comme deux gouttes d’eau (à moins que ce ne soit le nœud de l’intrigue ?) !

7. Le planet opera, pour explorer de fond en combles

Le planet opera désigne les récits d’exploration d’une planète (ou objet de taille similaire) inconnue ou peu connue. La planète en question peut être très similaire à celle des protagonistes ou très différente.

L’exploration de cette planète n’est généralement pas anodine. Il peut s’agir de trouver des ressources nécessaires à la suite de la mission initiale du vaisseau (par exemple de l’eau, sans quoi les gens ont tendance à mourir), mais elle peut également être l’objectif initial de l’équipage, qu’il s’agisse d’en extraire une ressource ou de lancer un protocole de colonisation.

L’un des grands points forts du planet opera, est qu’il permet de faire découvrir le même élément au travers du prisme des valeurs de plusieurs personnages de formations et fonctions différentes ! Il peut ainsi mêler l’exploration à l’éthique ou à la cohabitation sur une toile de fond que les personnages eux-mêmes ne maîtrisent pas.

 

 

Bon, je pense que vous avez là un petit échantillonnage de ce que peut faire la SF… Et c’est pas fini ! Car non seulement elle est étendue, mais elle évolue !

Un genre qui continue d'évoluer

La littérature est en perpétuelle évolution, c’est un fait avéré. Les romantiques réagissaient aux classiques et ont amené la naissance des réalistes, puis des naturalistes.

Ça, c’est le cas le plus classique, qu’on apprend généralement à l’école… Et si je vous disais qu’il y a des phénomènes très similaires qui existent dans la SF ?

Au commencement était le cyberpunk

Ou plutôt, au commencement était une perte d’espoir chez les auteurs des années 70-80. Ce désespoir croissant (induit notamment par une guerre froide qui dure depuis bientôt 30 ans) a permis à un nouveau genre d’émerger.

Un genre noir et cynique, où les états sont affiliés à des méga-corporations et où les écarts entre les classes ne font que s’accroître ; le tout sur fond de cybernétisation, d’implants plus ou moins réussis selon s’ils ont été placés dans le fond d’un garage ou d’une ruelle et de drogues multiples pour développer un peu plus le corps et asservir l’esprit.

C’est à cette époque que le cyberpunk est né, genre où l’antihéros et le hacker sont rois.

Le cyberpunk, en ce qu’il ne se situe généralement pas très loin dans notre futur, est un genre qui peut à la fois rebuter (pour l’évolution de la société) et fasciner (pour les évolutions techniques en tout genre). Et, vous vous en doutez, le ton acerbe qu’il emploi et le regard désabusé qu’il porte sur les choses sont idéaux pour pointer les potentielles dérives de notre société.

De nouvelles branches « punk » : le bio et le nano

Le cyberpunk ne s’est bien évidemment pas arrêté à lui-même. Il a su faire peau neuve et se réinventer.

 

Deux grandes branches se sont alors distinguées :

> Le biopunk a pris le parti de délaisser la cybernétisation au profit de la bio-ingénierie. Le biopunk traite de la manipulation génétique et de l’hybridation de l’humain. Il met en scène des êtres dont les capacités dépassent les nôtres par le biais d’attributs octroyés « dans l’œuf » ou plus tard.

Il invite ainsi ses auteurs à notamment traiter d’eugénisme, mais aussi de ségrégation (qu’elle vise à isoler les humains modifiés, ou ceux qui ne l’ont pas été) !

 

> La nanopunk obéit à un système plus ou moins similaire, à ceci près que la bio-ingénierie sera remplacée par des nanotechnologies qui, comme dans le cas précédent, visent notamment à développer les aptitudes et compétences de l’humain.

En plus du côté « sexy » qu’ont à peu près toutes les choses auxquelles on ajoute « nano », le sous-genre explore l’impact qu’auraient de telles technologies sur la société ainsi que les potentiels déboires induits (les nanotechnologies permettront-elles de contrôler purement et simplement ceux qui s’en verraient attribuer ?).

Le solarpunk, un retour vers l’espoir

Avant toute chose, les deux cas précédents n’ont pas nécessairement à être profondément noirs et cyniques. Pourtant, malgré ça, le solarpunk apporte quelque chose de plus qu’une « absence de cynisme ».
Sous-genre aux visions profondément écologistes et optimistes, il envisage un avenir bien plus lumineux que la plupart de ses prédécesseurs en mettant l’emphase sur les énergies et le développement durables !

 

Ce petit cheminement n’est évidemment qu’un petit exemple de l’évolution permanente que vit la SF, et s’est sans compter sur toutes les œuvres qui viennent se positionner aux confluant de différents sous-genres pour qu’émerge de nouvelles identités littéraires.

Un genre capable d’atteindre tout le monde

Vous venez de lire, en 1925 mots, une brève description de 11 sous-genres de la science-fiction. J’ai pu, au cours de ces 1925 mots, vous parler de science plausible, de voyage dans le temps, d’Histoire modifiée, de vapeur, de charbon, de modification de l’être humain, d’écologie, de cynisme, d’aventures interstellaires et de grandes explorations en terre inconnue.
Ça, ces 11 genres en 1925 mots, c’est la partie émergée de l’iceberg. Ça l’est tant au niveau du genre (parce qu’il y a pléthore d’autres sous-genres), que des sous-genres eux-mêmes (qui pourraient chacun avoir un article dédié, voire une série d’articles).

Si la SF peut faire un peu peur aux non-initiés, elle est en réalité capable d’atteindre la grande majorité des lecteurs d’aujourd’hui. Pourquoi ? Parce qu’une romance sur Mars est une œuvre de SF, parce qu’un polar prenant place dans un vaisseau spatial est une œuvre de SF et parce qu’un grand récit d’intrigues politiques interstellaires est aussi une œuvre de SF !

Partant de là, et selon les aspects de votre roman sur lesquels vous mettez l’accent, vous pourrez toujours trouver un lectorat, qu’il soit habitué du genre, ou d’un autre aspect de votre récit !

Des maisons d'édition spécialisées

Trouver une maison d’édition est une chose ardue. Il y a déjà toutes les considérations marchandes ou juridiques : s’agit-il effectivement d’une maison à compte d’éditeur ou bien vais-je devoir payer 1500 euros en quatre échéances ? La communication autour de mon texte sera-t-elle effective et efficace ? Mon contrat est-il juste, ou bien va-t-il m’obliger à ne passer que par cette maison d’édition jusqu’à ce que la mort nous sépare ?

Et encore, ça, c’est si vous avez trouvé une maison d’édition dont la ligne éditoriale colle avec votre roman !

Alors bon, il y a les très grandes, qui sont connues par tous dans le milieu : Le Bélial, Mnémos, LaVolte ou encore ActuSF… Mais qui dit grosse maison d’édition, dit aussi souvent des milliers d’autres romans reçus chaque année et qui risquent de faire passer inaperçu votre potentiel petit bijou.

Je ne vais pas vous dire de ne pas leur envoyer, évidemment. Ce serait génial si cette fameuse maison d’édition qui remplit l’intégralité de votre bibliothèque acceptait de travailler avec vous du premier coup… Mais ne négligez pas non plus les petites maisons d’édition, qui possèdent souvent des collections liées à un sous-genre particulier de la SF (ce qui vous facilitera possiblement l’échange avec eux) !

Pour conclure ?

La SF est plus qu’un genre. C’est un macrogenre qui réunit des dizaines de sous-genres qui interagissent de manière permanente !

L’avantage de ce foisonnement de formes est qu’il permet, dès le choix de l’une d’entre elles, de pouvoir développer plus aisément son récit dans un sens ou un autre (cyberpunk pour un violent cynisme dans un monde désabusé, planet opera pour un grand roman d’aventures qui forcera les personnages à sortir de leur zone de confort, post-apo pour montrer l’homme tel qu’il est réellement, etc.)

D’un point de vue strict, la SF a toujours la vie dure en littérature (bien qu’elle soit le genre de l’imaginaire qui s’en tire le mieux)… Mais les mentalités évoluent, la preuve en est que de nombreuses maisons d’édition continuent d’émerger et de se spécialiser (entièrement ou à grand coup de collections) dans la science-fiction et ses nombreux sous-genres !

Ceci étant dit, et si vous êtes toujours là, vous avez dû remarquer que je ne suis pas le plus grand spécialiste de la SF que la terre n’ait jamais porté. Mon truc, dans l’imaginaire, c’est la Fantasy.

N’hésitez donc pas à me donner votre avis en commentaire, ou à me faire remonter les éventuelles erreurs qui se seraient glissées ici 😉
Merci à tous et bonne journée !

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