Un programme d’écriture : de motivation en discipline

Vous voulez plus de motivation ou discipline dans votre pratique de l'écriture ? Parfait : cet article justement de programmes d'écriture !
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Mathieu Begot
Mathieu Begot
Salut, moi c’est Mathieu ! Je suis passionné par les genres de l’imaginaire, la culture japonaise, mon chien et les commentaires que vous laissez sous mes articles ! En lire plus

Un programme d’écriture : de motivation en discipline

Vous voulez plus de motivation ou discipline dans votre pratique de l'écriture ? Parfait : cet article justement de programmes d'écriture !
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Un programme d’écriture : de motivation en discipline

Vous voulez plus de motivation ou discipline dans votre pratique de l'écriture ? Parfait : cet article justement de programmes d'écriture !
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Vous avez déjà dû vous rendre compte, si vous écrivez, que l’écriture est chronophage et qu’un rien demande toujours plus de temps que ce que l’on avait prévu. L’écriture elle-même prend du temps, et c’est sans compter les réécritures, les corrections, l’attente de retours des bêta-lecteurs, etc.

L’écriture, à l’instar des autres formes d’arts, nécessite d’être pensée, travaillée, d’établir des projets… Et il devient vite nécessaire de  dégager des horaires supplémentaires dans son emploi du temps pour pouvoir progresser.

Le problème, c’est qu’entre la peur de la page blanche, le syndrome de l’imposteur et toutes ces jolies barrières qu’on s’impose à nous même, eh bien il peut être difficile de mettre en place un programme d’écriture.

Haut les cœurs ! Cet article est justement là pour parler de programmes d’écriture et dédramatiser un peu la question. Intérêt, temporalité ou encore méthodes seront aujourd’hui discutés pour vous aider à écrire dans les meilleures conditions possibles.

Prêts ? C’est parti.

C'est quoi, un programme d'écriture ?

Pour commencer, un peu de définitions. Elle est rapide, promis.

Établir un programme d’écriture revient à insérer des séances d’écritures directement dans son emploi du temps et de manière plus ou moins cadrée ; le tout selon votre caractère et vos besoins, évidemment.

L’auteur A pourra ainsi se dire : OK, faut que j’écrive au moins 4h par semaines ; et l’auteur B : je vais écrire le lundi de 16h à 17h, le mercredi de 8h à 9h et le samedi de 14h30 à 16h30.

Dans les deux cas, on se retrouve sur un programme d’écriture de même volume (4 heures par semaine), mais que l’auteur a adapté à sa manière de fonctionner.

À quoi ça sert, du coup ?

À vrai dire, un programme d’écriture peut avoir plusieurs utilités, qui dépendent souvent du profil de l’auteur. On va essayer de voir ici les plus générales.

Utilité #1 : Avancer dans ses projets.

Bon pas grand-chose à dire là-dessus, mais la première utilité d’un programme d’écriture est bien évidemment de progresser dans ses projets personnels : s’imposer quatre heures de travail par semaine, c’est un peu s’assurer d’avoir avancé de quatre heures de travail chaque lundi, ne serait qu’en terme de matière produite.

Utilité #2 : Savoir que l'on travaille.

On entend souvent de jeunes auteurs dire qu’ils vivent selon deux grandes phases : une phase extrêmement prolifique, lors de laquelle ils écrivent trente-huit heures par jour, et une autre phase « vide » durant laquelle ils écrivent peu, voire pas du tout.

Le principal problème avec ces phases « vides » est qu’elles sont souvent présentées sur le ton de la culpabilité : « en ce moment j’ai du mal », « ça m’arrive assez souvent », « j’ai l’impression de ne pas assez en faire du coup », etc.

L’avantage, c’est qu’avec un programme d’écriture, on continue d’écrire lors de ces phases vides. Alors bon, on écrit moins que lorsqu’on est en mode ultra prolifique, j’en conviens. Mais le fait de maintenir un petit rythme de croisière aide quand même pas mal à gérer la culpabilité qui survient parfois.

Utilité #3 : C’est en forgeant qu’on devient forgeron.

La littérature est un art, c’est un fait avéré, mais l’écriture, elle, relève plutôt de l’artisanat. L’écrivain a des outils à sa disposition (grammaire, figures de style, schémas narratifs) qu’il utilise pour travailler des matériaux (langue, thématiques, propos).

Partant de là, et comme n’importe quel artisan, l’écrivain s’améliore par la pratique. Chaque fois qu’il écrit, il s’approprie un peu plus l’ensemble des techniques et outils à sa disposition.

De fait, intégrer un programme d’écriture à son emploi du temps permet d’affiner sa maîtrise de l’écriture, et pas seulement au niveau grammatical ou stylistique ! Votre imagination et vos compétences en termes de narration ou d’immersion du lecteur se développeront elles aussi à mesure que vous écrirez de nouvelles scènes ou décrirez de nouveaux personnages.

De quoi ravir tout un chacun !

Utilité #4 : Prévenir le syndrome de la page blanche.

C’est là la dernière grande utilité d’un programme d’écriture (et elle est intimement liée au point précédent) : si vous avez l’habitude de vous mettre devant votre carnet ou pc trois fois par semaine, il y a fort à parier que vous aurez de moins en moins de mal à vous y mettre.

Pourquoi ? Parce que vous aurez l’habitude de vous retrouver devant ce grand espace blanc et qu’à force de l’affronter, vous n’en aurez plus peur. Vous vous dédouanerez ainsi tranquillement de l’inspiration, qui sera dès lors utile, mais pas nécessaire.

Alors bon, il y aura peut-être toujours cinq petites minutes entre l’arrivée devant la feuille et le moment où vous vous mettrez à écrire… M’enfin, c’est quoi 5 minutes ?

Quelques méthodes pour se lancer dans un programme d’écriture.

À ce stade j’ai dû réussir à vous convaincre que les programmes d’écriture sont utiles. Il ne s’agit plus de simplement gratter du papier, mais bel et bien d’avancer dans la voie de l’écriture au travers d’un entraînement hebdomadaire ou encore de s’assurer de la progression de son projet.

Il existe par chance quelques petits trucs et astuces pour se lancer dans les meilleures conditions possibles.

#1 : Avancer à son rythme.

La première chose à prendre en compte, lorsque l’on souhaite intégrer l’écriture à son emploi du temps, c’est que nous n’avons pas tous les mêmes capacités.

Certains pourront directement s’instaurer un rythme de trois séances de trois heures par semaine, être prolifiques au possible dès le début, et c’est franchement super ! Mais il faut garder à l’esprit que ça n’est pas le cas de tout le monde.

Mieux vaut commencer tranquillement, mais tenir le rythme et l’augmenter graduellement – selon vos besoins et vos envies – que de commencer trop fort d’un coup et de se retrouver avec un claquage de l’écriture. Alors oui, c’est marrant dit comme ça. Mais si vous en faites trop au début, vous vous épuiserez et vous dégouterez de l’écriture.
Ainsi, si vous estimez qu’il vaut mieux commencer par un programme léger (trois fois une demi-heure, par exemple), c’est par-là qu’il faut commencer.

#2 : Ritualiser le cadre.

Un rituel, c’est une action ou un ensemble d’actions qui annoncent l’arrivée, le début ou la fin de quelque chose (en gros). Le plus simple exemple reste celui des cloches d’église qui sonnent le dimanche.

Alors bon, peut-être que ça n’a pas vraiment d’effet sur vous (pas sur moi en tout cas), mais je sais que pour certaines personnes, cela signifie que la messe commence ou va commencer, et qu’il s’agit donc d’aller à l’Église. Ne vous inquiétez pas, j’en arrive au cœur de ce point dans quelques mots.

Ce que j’essaye de dire ici, c’est qu’en créant de petits rituels au début de votre session de travail (vous préparer une boisson ou un encas, vous installer devant votre bureau, faire une balade juste avant), vous vous préparez indirectement à l’état « séance d’écriture ».

Il faut savoir que le cerveau est fait de telle sorte que plus vous répétez un rituel avant une action, et plus se rituel adopte un rôle de déclencheur tel que :

 

« J’ai bu mon café dans mon bureau devant mon carnet, donc je vais me mettre à écrire. »

 

Oui, c’est tout comme un Pavloff, à ceci prêt que c’est vous qui le mettez en place, et uniquement pour votre bénéfice personnel.

#3 : Objectifs & défis.

Écrire dans le vide, c’est sympa un moment… Mais il y a fort à parier que si vous lisez cet article, c’est que vous avez des objectifs vis-à-vis de l’écriture : finir un projet, développer votre plume, écrire plus efficacement, etc.

Ces objectifs, s’ils sont directement intégrés à votre programme d’écriture, deviendront les moteurs de vos séances d’écriture et leur donneront un sens plus « large » que si c’étaient de simples sessions de travail.

En voici trois exemples.

1. Écrire X nouvelles dans l’année.

Attention : La nouvelle est un genre à part entière au sein de la littérature. Ça n’est pas juste un exercice d’entraînement.

Néanmoins, l’avantage de la nouvelle sur le roman est qu’elle demande moins d’investissement temporel. De plus, même si elles ne mobilisent pas exactement les mêmes compétences qu’un roman, une nouvelle nécessite tout de même de construire une intrigue, un ou plusieurs personnages ainsi qu’une tension narrative, d’être attentif à la grammaire et à la stylistique, etc.

Ces compétences sont presque systématiquement réemployables dans le cadre des autres genres littéraires.

De ce fait, que vous soyez un féru de nouvelles, ou que vous n’ayez pas vraiment de projet en cours, les nouvelles – notamment grâce à leur taille – sont un bon exercice à intégrer dans son programme d’écriture (par exemple à hauteur d’une par mois).

Et si jamais vous n’avez pas d’idée de thème… Souvenez-vous qu’un tableau des appels à textes et concours de nouvelle se trouve sur le site. Allez y jeter un œil et lancez-vous !

2. Finir le premier jet/ la réécriture de son projet actuel.

Au contraire de l’objectif précédent, celui-ci est parfait si vous avez déjà un projet d’écriture de type « livre » (pièce de théâtre, roman, recueil de nouvelles). Après tout, quoi de plus galvanisant que de travailler et progresser dans un projet qui a du sens à vos yeux ?

Je vous conseille d’ailleurs de vous mettre des deadlines si vous choisissez cet objectif-ci. Ne pas respectez ces deadlines ne sera absolument pas grave, rassurez-vous. Elles serviront simplement de jalons dans votre progression et vous aideront à mieux comprendre votre rythme de travail.

Vous vous étiez dit un chapitre par semaine et cela vous a pris deux jours ? Essayez de raccourcir vos délais, ne serait-ce que pour voir jusqu’où vous pouvez aller.

C’est l’inverse et il vous a fallu deux semaines ? Pas de soucis, nous avançons tous à notre rythme, et personne n’a jamais dit qu’il fallait absolument écrire vite.

3. Le NaNoWriMo, marathon des écrivains.

Le NaNoWriMo (National Novel Writing Month, ou « mois national de l’écriture de roman ») est un défi auquel s’essayent de nombreux auteurs tous les ans. Le concept est assez simple : écrire un roman d’au moins 50.000 mots (~ 175 pages) en un mois (novembre).
Le NaNoWrimo est sans doute l’un des plus gros défis « institutionnalisé » lorsque l’on parle d’écriture. Il y a chaque année de nombreux participants, et tout le monde ne parvient pas à remplir l’objectif des 50.000 mots.
Je pense néanmoins que se préparer au NaNoWriMo (faire ses recherches, préparer son intrigue, des personnages, un propos) et y participer est profondément enrichissant pour un auteur, car le défi n’est pas une fin en lui-même.
Il y a deux options à la fin : vous remplissez l’objectif et vous avez un roman prêt à la relecture, soit vous ne le remplissez pas et vous avez un roman plus ou moins complet qui n’a plus besoin que d’être fini. Vous serez donc gagnant dans tous les cas !

À quel moment se lancer dans un programme d’écriture ?

Il n’y a, à mon sens, pas vraiment de bon ou de mauvais moment pour se lancer dans un programme d’écriture. Certains ne le font jamais, ou bien le font si intuitivement qu’ils n’ont jamais eu besoin d’y penser.

Après, si vous voulez mon avis : un programme d’écriture est un bon moyen de dépasser les murs qui se présentent à l’écrivain (affiner sa plume, écrire plus souvent, enfin se lancer dans ce projet de roman qui traîne depuis trois ans dans un coin).

Le tout est d’avoir une raison (qu’importe son ampleur), de réfléchir à son programme et de se lancer

Est-ce que c’est grave si…

… je n’écris pas lors de certaines séances/ si j’ai du mal à m’y mettre ?

Absolument pas ! Vous pouvez même être sûr que cela va arriver, et d’autant plus lorsque vous commencerez.
Si vous ne parvenez pas à écrire, si « rien ne vient », profitez-en pour faire quelques recherches en prévision de votre prochaine séance. Il est probable que votre situation se débloquera après un brainstorming et quelques informations supplémentaires sur les grandes thématiques de votre écrit !

… je loupe/ saute une séance ?

Toujours pas ! Déjà parce qu’on a tous une vie faite d’imprévus, mais aussi parce que le contexte immédiat peut parfois vous démotiver.

D’ailleurs, si cela vous arrive, ne culpabilisez pas. Ou plutôt : ne vous laissez pas déborder par la culpabilité, mais servez-vous-en ! Vous avez loupé une séance ? Aucun souci, assurez-vous de ne pas louper la suivante et donnez-vous à fond lors de celle-ci !

Néanmoins, si la motivation (si vous êtes malades pendant deux semaines, ne soyez pas stupides et reposez-vous) vous fait défaut à plusieurs reprises, peut-être s’agira-t-il de repenser votre programme (votre rythme est-il bien à votre portée ? Vos objectifs vous intéressent-ils ?) pour trouver et analyser le nœud du problème !

… je prends des vacances sans écriture ?

Jamais deux sans trois : ça n’est toujours pas grave ! On vous conseille même ce genre de vacances de temps à autre. Une petite mise à distance avec l’écriture vous permettra non seulement de mettre du clair dans votre esprit (si jamais vous travaillez sur un projet long), mais aussi de prendre conscience de vos progrès personnels !

Vous ne me croyez pas ? Faites le test : écrivez deux ou trois fois par semaine pendant quatre à six mois et mettez le premier texte écrit de côté. Laissez un petit mois s’écouler avant de vous remettre à écrire et comparez le premier texte de ce nouveau programme avec celui de l’ancien.

L’écart que vous constaterez vous mettra du baume au cœur, croyez-moi.

Pour conclure ?

Un programme d’écriture revient à insérer l’écriture dans un emploi du temps préexistant. Ce programme est constitué de séances mises en place directement par l’auteur et avec un ou plusieurs objectifs en ligne de mire.
Si l’on peut grossir le trait, le programme d’écriture n’est qu’un outil à disposition de l’écrivain qui souhaite tant s’améliorer qu’avoir la main mise sur son rythme de travail.

Par essence, un programme d’écriture est personnel. Il faut le calibrer selon ses propres capacités pour s’assurer de son efficacité, mais aussi le moduler au fur et à mesure selon les besoins qui se présenteront.

Si l’idée vous plaît, mais que vous ne savez pas trop comment vous y prendre, notre prestation de coaching peut être la solution pour vous lancer. Votre coach, que ce soit Nicolas ou moi, aura pour mission de vous accompagner dans l’élaboration de votre programme, mais aussi de vous guider au début pour affiner vos objectifs et besoins !


On vous souhaite une bonne journée dans tous les cas, et bonne écriture d’ici la prochaine  fois !

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